Des concerts et une conférence liés au festival antifasciste Lyon Antifa Fest ont été interdits à Villeurbanne et Lyon, invoquant des risques pour l’ordre public et une montée des actes antisémites. Ces décisions interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre mouvements d’ultragauche et d’ultradroite, ainsi que suite à des projections contestataires lors de la Fête des Lumières.
La préfecture du Rhône a annoncé ce mercredi 10 décembre l’interdiction de plusieurs concerts prévus dans le cadre du festival, en raison de textes jugés hostiles à la police. Sont notamment concernés les groupes de punk rock et de rap Poésie Zéro, Costa, L’Allemand et Da Uzi, décrits comme « coutumiers de propos “antisystème” et “antipolice” ». L’arrêté préfectoral justifie cette décision par le potentiel de « catalyseur de plusieurs agissements violents et de troubles graves à l’ordre public lors d’affrontements », soulignant « un antagonisme récurrent et violent entre la mouvance d’ultragauche et la mouvance d’ultradroite ».
La mairie de Lyon a également pris un arrêté interdisant la conférence « La Palestine : notre boussole antifasciste », initialement prévue ce mercredi dans le cadre du festival, avec la participation de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri. La décision municipale invoque « un contexte d’augmentation significative d’actes antisémites sur le territoire » et des risques de troubles à l’ordre public.
Ces interdictions font suite à des messages antipolice projetés sur la façade du musée des Beaux-Arts de Lyon samedi soir, lors de la Fête des Lumières. Ces messages, revendiqués par le mouvement écologiste des Soulèvements de la Terre, incluaient des slogans tels que « La police blesse et tue », « Non à l’État policier », « La violence policière est partout », « Sainte-Solineni oubli, ni pardon » et « On dégage le RN ». La préfète a saisi la justice concernant ces projections.
Interrogé à l’Assemblée nationale sur ces messages, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré : « Chaque fois que ces propos comme ceux-ci sont tenus, qui sont des propos qui incitent à la haine, à la discrimination ou à la violence, nous documentons et nous préparons des dossiers de dissolution. Et aucune structure n’est au-dessus des lois ».
En novembre, le festival Lyon Antifa Fest avait déjà suscité l’inquiétude de la députée RN du Rhône, Tiffany Joncour, qui avait interpellé le gouvernement à l’Assemblée nationale, dénonçant un événement « présenté comme un festival culturel » mais qui « revendique ouvertement antifasciste » et appelant à son interdiction.