Publié le 5 décembre 2025 à 05h42. Le Pentagone est secoué par plusieurs enquêtes concernant des possibles compromissions de la sécurité nationale, impliquant notamment le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, et une nouvelle politique restrictive envers la presse.
- Une enquête du Pentagone porte sur la manipulation de données militaires sensibles par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth.
- Le New York Times a intenté une action en justice contre le Pentagone, dénonçant une politique de restriction de l’accès à l’information.
- Des critiques concernent également une opération militaire américaine controversée dans les Caraïbes, marquée par des accusations de violations du droit international.
Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, est au centre de plusieurs controverses révélées ces derniers jours. Une enquête interne du Pentagone examine son utilisation d’un téléphone personnel pour des communications professionnelles et le partage d’informations sensibles via l’application de messagerie Signal. Selon un rapport d’enquête partiellement expurgé, ces pratiques auraient pu compromettre la sécurité des soldats américains et le succès d’une opération militaire au Yémen en mars dernier.
Le rapport souligne que si ces informations étaient tombées entre les mains des forces houthistes, elles auraient pu être utilisées pour contrer les forces américaines ou se repositionner stratégiquement. « Bien que ces événements ne se soient finalement pas produits, les actions du secrétaire ont posé un risque de sécurité opérationnelle qui aurait pu entraîner l’échec des objectifs de la mission américaine et une mise en danger potentielle des pilotes américains », indique le communiqué.
Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a minimisé l’importance de ces conclusions, affirmant sur la plateforme X qu’il s’agissait d’une « exonération totale » de Pete Hegseth, soulignant qu’aucune information classifiée n’aurait été divulguée. Le rapport précise que les informations partagées sur Signal avaient été déclassifiées par Hegseth lui-même, mais reconnaît des violations des directives du Pentagone concernant l’utilisation d’appareils personnels et d’applications non autorisées.
L’affaire Signal a pris de l’ampleur au printemps dernier, après que le magazine américain The Atlantic a publié des captures d’écran d’une conversation dans laquelle Hegseth, aux côtés d’autres hauts responsables de la sécurité nationale, avait divulgué des détails sensibles sur l’opération au Yémen, notamment des informations sur les armes utilisées et les horaires d’attaque. Il aurait également partagé ces informations avec sa femme et d’autres personnes.
Parallèlement, Pete Hegseth est critiqué pour une opération militaire américaine controversée dans les Caraïbes début septembre. Des survivants d’une première attaque contre un navire suspecté de trafic de drogue auraient été tués lors d’une seconde attaque. Des experts juridiques estiment que cette seconde attaque pourrait constituer une violation du droit international, les survivants se trouvant accrochés aux débris et ne présentant aucune menace immédiate.
Des informations rapportées par le Washington Post et CNN suggèrent que Hegseth aurait donné l’ordre de « tuer tout le monde ». Cependant, CNN précise qu’il n’est pas clair s’il était au courant de la présence de survivants avant la seconde attaque. Hegseth a nié toute responsabilité directe dans cette seconde opération, affirmant n’avoir pas eu connaissance de la situation des survivants et avoir appris la décision de l’amiral Frank M. Bradley, commandant en charge, seulement quelques heures plus tard.
L’amiral Bradley a démenti avoir reçu l’ordre de « tuer tout le monde », selon les déclarations faites aux membres du Congrès par les sénateurs républicain Tom Cotton et le président démocrate de la Chambre des représentants Jim Himes. Certains observateurs craignent que l’amiral ne soit utilisé comme bouc émissaire dans cette affaire.
L’affaire a également ravivé le débat sur l’accès des journalistes au Pentagone. Depuis octobre, de nouvelles directives ont été mises en place, interdisant aux journalistes de publier des informations sans l’autorisation préalable du ministère, sous peine de perdre leur accréditation. La plupart des grands médias américains, dont Fox News et le New York Times, ont rejeté ces règles.
Le New York Times a intenté une action en justice contre le Pentagone et Pete Hegseth, arguant que cette nouvelle politique viole le premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté de la presse, et vise à « restreindre la capacité des journalistes à faire ce qu’ils ont toujours fait : poser des questions aux employés du gouvernement et recueillir des informations ». Le New York Times estime qu’il est essentiel de pouvoir publier des articles qui vont au-delà des simples communiqués officiels.
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