Publié le 14 janvier 2026 13:51:00. Des analyses récentes suggèrent que la planète Mars était recouverte, il y a environ 3 milliards d’années, d’un vaste océan, peut-être aussi étendu que la mer Arctique, renforçant l’idée que la planète rouge a pu abriter la vie.
- Au moins la moitié de la surface martienne aurait été couverte par un océan il y a 3 milliards d’années.
- L’étude s’appuie sur l’analyse du système de canyons de Valles Marineris, révélant des structures géologiques similaires à des deltas et des rivières terrestres.
- Cette découverte apporte des preuves plus précises de l’étendue et de la profondeur de l’ancien océan martien.
Une nouvelle étude publiée dans la revue npj Space Exploration révèle que Mars, dans son passé lointain, était bien plus humide qu’on ne le pensait. Les chercheurs estiment qu’il y a environ 3 milliards d’années, un immense océan recouvrait au moins la moitié de la surface de la planète rouge.
Cette découverte s’inscrit dans la continuité de recherches antérieures qui avaient déjà mis en évidence l’existence d’anciens océans et de rivières sur Mars. Cependant, les nouvelles données fournissent une image plus précise de l’étendue et de la profondeur de cette étendue d’eau primordiale.
Valles Marineris : un témoignage géologique
La clé de cette avancée réside dans l’étude approfondie de Valles Marineris, le plus grand système de canyons de Mars. S’étendant sur plus de 4 000 kilomètres de long et atteignant jusqu’à 200 kilomètres de large, ce canyon colossal est le plus grand du système solaire, bien que pas le plus long.
En analysant des images haute résolution capturées par des satellites tels que Mars Express de l’Agence spatiale européenne (ESA) et Mars Reconnaissance Orbiter, les scientifiques ont identifié des formations géologiques qui rappellent les rivières et les deltas que l’on trouve sur Terre.
« Des images satellites uniques à haute résolution de Mars nous ont permis d’étudier le paysage martien de manière très détaillée grâce à des relevés et à des cartographies. »
Ignatius Argadestya, auteur principal de l’étude
Des deltas témoignant d’un ancien écoulement
L’équipe de recherche a notamment détecté, au niveau inférieur du système de canyons, des « dépôts à front abrupt », interprétés comme des « deltas en éventail ». Ces formations se créent lorsque les sédiments transportés par les rivières se déversent directement dans une masse d’eau stagnante.
« En mesurant et en cartographiant les images martiennes, j’ai pu reconnaître des montagnes et des vallées qui ressemblent au paysage montagneux de la Terre. Cependant, ce qui m’a le plus impressionné, ce sont les deltas que j’ai découverts au bord de l’une des montagnes. »
Ignatius Argadestya, auteur principal de l’étude
Selon l’étude, le niveau de l’eau aurait été stable, atteignant des profondeurs allant jusqu’à un kilomètre en certains points. Ces structures deltaïques sont considérées comme des preuves directes de l’existence d’un vaste océan martien.
« Les structures deltaïques se développent là où les rivières se jettent dans les océans, comme nous le savons grâce à de nombreux exemples sur Terre. Les structures que nous avons pu identifier sur les images sont clairement l’embouchure d’une rivière dans un océan », explique le co-auteur Fritz Schlunegger, professeur de géologie exogène à l’Université de Berne.
Un océan de la taille de l’Arctique
Les résultats de l’étude indiquent que cet océan martien était au moins aussi grand que l’océan Arctique terrestre et couvrait une grande partie de l’hémisphère nord de la planète. Les chercheurs soulignent que leur reconstruction du niveau de la mer repose sur des preuves tangibles de l’existence d’une telle côte, grâce à l’utilisation d’images à haute résolution.
« Nous avons pu fournir la preuve de l’existence de l’océan le plus profond et le plus étendu qui ait existé jusqu’à présent sur Mars, un océan qui s’étendait sur tout l’hémisphère nord de la planète », précise Argadestya.
Aujourd’hui, les anciennes structures deltaïques sont recouvertes de dunes de sable sculptées par le vent, mais leur forme originale reste visible, témoignant d’un passé aquatique.
Un passé potentiellement habitable ?
Cette découverte renforce l’hypothèse selon laquelle Mars aurait pu présenter des conditions favorables à la vie dans le passé. L’existence d’un vaste océan suggère que la planète rouge aurait pu avoir un climat plus tempéré et une atmosphère plus dense, permettant à l’eau liquide de rester stable à sa surface.
« Nous connaissons Mars comme une planète rouge et sèche. Cependant, nos résultats montrent que dans le passé, c’était une planète bleue, semblable à la Terre. Cette découverte montre également que l’eau est une ressource précieuse sur une planète et qu’elle pourrait disparaître à un moment donné. »
Ignatius Argadestya, auteur principal de l’étude
Les chercheurs prévoient d’étudier la composition minéralogique des anciens sols martiens afin de mieux comprendre les processus géochimiques qui ont pu se dérouler sur la planète rouge. L’objectif est de déterminer si les conditions passées de Mars auraient pu être propices à l’émergence et au développement de la vie.
Adapté d’informations fournies par IFLScience, Swissinfo et l’Université de Berne