Home SantéLa prison à la maison pour avoir mordu au sang une douanière

La prison à la maison pour avoir mordu au sang une douanière

by Sophie Martin

Un Montréalais a été condamné à 18 mois d’emprisonnement à domicile pour avoir violemment mordu une agente des douanes à la frontière de Saint-Bernard-de-Lacolle. L’incident, survenu en juin 2022, pourrait également lui coûter plus de 40 000 $ en dédommagements au gouvernement fédéral.

Les faits se sont déroulés le 12 juin 2022, alors qu’Olivier Charue, 57 ans, revenait d’une visite chez son père dans l’État de New York. Il a déclaré aux douaniers être porteur de pièces automobiles d’une valeur d’environ 500 $. Cependant, les agents ont rapidement exprimé des doutes et ont demandé à inspecter son véhicule, une Volkswagen Cabriolet.

L’homme a d’abord protesté avec véhémence, criant pendant plusieurs minutes qu’il s’agissait d’un « abus de pouvoir », avant de finalement consentir à la fouille. Il a ensuite refusé de remettre aux douaniers une sacoche qu’il portait en bandoulière, ce qui a conduit à son arrestation et à ce qu’il soit menotté. Considérant qu’il ne présentait pas de menace immédiate, un agent a desserré une menotte pour faciliter la saisie de la sacoche sans avoir à la couper.

C’est à ce moment que la situation a dégénéré. Charue a tenté de repousser un agent et a commencé à hurler. Alors que les douaniers tentaient de le maîtriser, il s’est retrouvé au-dessus de l’agente Valérie Jean, au sol. Dans la confusion, l’agente Jean a crié :

« Il me mord, il me mord ! »

La morsure a été suffisamment forte pour percer le tissu épais de son pantalon de service. L’agente Jean a également ajouté, alors qu’elle se débattait :

« Il essaie de prendre mon arme ! »

D’autres agents sont intervenus rapidement et ont réussi à maîtriser Charue, qui avait la main sur la crosse de son arme de service. Des témoins ont rapporté qu’il avait du sang au coin de la bouche.

Lors de son témoignage, Charue a affirmé avoir « eu peur qu’on allait le lyncher » et a décrit la morsure comme « un acte inconscient face à la terreur qu’il ressentait ». Il a également déclaré qu’il cherchait simplement à protéger sa sacoche, qui contenait, selon lui, les coordonnées de « personnes importantes » et une « photo d’un ministre ».

Olivier Charue a été reconnu coupable en février dernier, au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu, de voies de fait causant des lésions et d’avoir tenté de désarmer un agent de la paix. Le juge a suivi les recommandations des parties et l’a condamné à 18 mois d’emprisonnement à domicile, suivis d’une probation de deux ans.

L’agression a eu des conséquences importantes pour l’agente Jean, qui a été indemnisée par le gouvernement fédéral pour son incapacité à reprendre le travail à temps plein pendant plusieurs mois. Elle a également dû changer d’affectation. Sa plaie s’est infectée et sa guérison a été longue et difficile, laissant une cicatrice visible. Elle a suivi des traitements de physiothérapie et d’ergothérapie.

Le gouvernement fédéral poursuit désormais Charue pour récupérer les sommes versées à l’agente Jean, réclamant plus de 20 000 $ en salaire, 6 700 $ en frais médicaux et 15 000 $ en dommages.

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