La campagne agrumicole 2026-2027 s’ouvre sur une production nationale estimée à 1,8 million de tonnes, marquant un recul de 20 % par rapport à la saison précédente.
Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, Khalid Hatimy, a donné le coup d’envoi officiel de cette saison le 7 novembre 2026 à Sidi Hamadi, dans la province de Fquih Ben Salah.
Le recul de la production, qui s’établissait à 2,2 millions de tonnes en 2025-2026, est principalement attribué aux vagues de chaleur estivales, selon les données de Maroc Citrus.
Des températures ayant atteint des pics de 46°C entre mai et juillet ont accentué la chute des fleurs et des jeunes fruits. Les inondations survenues dans le Gharb et le phénomène d’alternance biologique dans certains vergers ont également pesé sur les rendements.
Malgré cette baisse, les exportations devraient afficher une meilleure résilience, avec une diminution limitée à 7 % pour atteindre près de 540 000 tonnes. Cette performance s’explique par une amélioration sensible du calibre des fruits, favorisée par une charge plus faible sur les arbres et des conditions hydriques jugées globalement favorables.
Une nouvelle stratégie pour la souveraineté alimentaire
Lors de la cérémonie de lancement, le ministre a souligné la nécessité de transformer les modes de gestion du secteur face aux défis climatiques et géopolitiques.
Cette nouvelle campagne ambitionne d’atteindre des niveaux de production et de valeur ajoutée élevés, tout en créant de nouvelles opportunités d’emploi et en contribuant de manière substantielle à la souveraineté et à la sécurité alimentaires du Royaume
Khalid Hatimy, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire
Le programme, articulé autour de la stratégie « Génération Green », prévoit plusieurs mesures d’accompagnement pour les agriculteurs. Le ministère a notamment mobilisé environ 1,3 million de quintaux de semences certifiées de céréales d’automne, subventionnées à 50 %. Le dispositif inclut également l’approvisionnement du marché en 500 000 tonnes d’engrais phosphatés et la couverture d’un million d’hectares par l’assurance multirisque climatique.
Le contexte hydrique et structurel
La campagne 2026-2027 bénéficie de réserves d’eau plus robustes que les années précédentes. Début octobre 2026, le volume stocké dans les barrages dépassait 11 milliards de m³, soit le double du volume enregistré l’année précédente.
Cette amélioration fait suite à une saison 2025-2026 marquée par un cumul pluviométrique de 462 mm, permettant une récolte céréalière de 90 millions de quintaux.
Toutefois, la filière reste exposée aux aléas climatiques, 80 % des terres cultivées demeurant en mode pluvial. Les autorités accélèrent les investissements structurels, notamment dans le dessalement, avec un objectif de 1,8 milliard de m³ à l’horizon 2030, et dans la modernisation des infrastructures d’irrigation, comme le canal Zidania.
Marchés d’exportation et cheptel
L’Union européenne demeure la première destination des agrumes marocains, absorbant près de 38 % des volumes. La Grande-Bretagne, la Hollande et la France totalisent à elles seules plus de 30 % des exportations globales. La Russie, le Canada et les États-Unis constituent également des marchés significatifs, suivis par le continent africain.
Parallèlement à la production végétale, le ministère déploie un programme de reconstitution du cheptel. Ce plan prévoit des incitations à l’importation de vaches reproductrices et une réduction progressive des importations de bovins destinés à l’abattage, afin de stabiliser les prix locaux après une chute de 30 % des effectifs bovins recensée en 2025.