Home SantéLa protection contre les maladies hivernales s’est propagée avec l’apparition de l’agriculture

La protection contre les maladies hivernales s’est propagée avec l’apparition de l’agriculture

by Sophie Martin

Publié le 24 octobre 2025. Une étude suédoise révèle qu’une variante génétique, initialement sélectionnée pour protéger nos ancêtres des virus lors de la transition vers l’agriculture, pourrait aujourd’hui être liée à un risque accru d’ulcères d’estomac et de calculs biliaires.

  • Environ 20 % de la population suédoise possède une double copie de cette variante génétique protectrice.
  • La recherche, menée par l’université de Linköping, utilise l’analyse de génomes anciens pour reconstituer l’évolution de cette protection.
  • Si la protection contre les virus est avérée, elle s’accompagne d’un risque accru de problèmes gastro-intestinaux, potentiellement liés au stress et à une alimentation riche en graisses.

En cartographiant l’évolution des mutations génétiques et les raisons de leur sélection, les chercheurs espèrent mieux comprendre leur impact sur la santé contemporaine. C’est ce qu’explique Johan Nordgren, premier auteur de l’étude et professeur agrégé de microbiologie médicale au département des sciences biomédicales et cliniques de l’université de Linköping :

« En cartographiant pourquoi certaines mutations surviennent et sont sélectionnées, nous pouvons également mieux comprendre comment elles affectent notre santé aujourd’hui. »

Johan Nordgren, professeur agrégé de microbiologie médicale

L’étude se concentre sur le gène FUT2, dont une variante spécifique semble avoir conféré une résistance aux virus lors du passage à un mode de vie agricole. À cette époque, les populations ont été confrontées à de nouvelles maladies liées à la sédentarisation et à la proximité avec les animaux. Cette protection, cependant, n’est pas sans conséquences.

Les biobanques modernes indiquent que les porteurs de cette variante génétique présentent un risque plus élevé de développer des ulcères d’estomac et des calculs biliaires. Hugo Zeberg, co-auteur de l’étude, souligne que ces problèmes sont souvent associés à des facteurs de stress et à une alimentation riche en graisses, des conditions probablement moins prévalentes dans la vie des premiers agriculteurs :

« Ceux-ci sont généralement liés au stress et à un apport élevé en graisses, ce qui était probablement moins courant au cours de la vie des premiers agriculteurs. »

Hugo Zeberg

Pour les chercheurs, la connaissance de cette protection génétique complète peut aider à évaluer les risques individuels. Cependant, l’intérêt principal de cette recherche réside dans la possibilité d’utiliser les données génétiques anciennes comme une véritable “machine à remonter le temps”, permettant de reconstituer l’évolution et de comprendre comment les modifications génétiques sont liées aux événements environnementaux vécus par nos ancêtres.

« Les masses génétiques anciennes sont une machine à remonter le temps, où nous pouvons rejouer l’évolution et voir comment les modifications génétiques peuvent être liées aux événements survenant dans l’environnement de vie des gens. »

Hugo Zeberg

L’étude a été financée par la Fondation Knut et Alice Wallenberg, le Conseil suédois de la recherche, la Fondation suédoise du cerveau, la Société Max Planck, la Fondation NOMIS et le Groschinsky Memorial Fund.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la publication originale dans Biologie moléculaire et évolution (en ligne le 24 octobre 2025, doi : 10.1093/molbev/msaf243).

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