Publié le 17 janvier 2024 10h30. Le cinéaste allemand Rosa von Praunheim, figure majeure de la lutte pour les droits des homosexuels, est décédé à l’âge de 83 ans, quelques jours seulement après avoir épousé son compagnon de longue date. Son œuvre, à la fois provocatrice et engagée, a marqué des générations.
- Rosa von Praunheim est décédé dans la nuit du 16 au 17 janvier 2024.
- Il était un pionnier du cinéma indépendant et un ardent défenseur des droits LGBTQ+.
- Son film « Ce n’est pas l’homosexuel qui est pervers, mais la société dans laquelle il vit » (1971) est considéré comme un catalyseur du mouvement pour les droits civiques des homosexuels en Allemagne.
Rosa von Praunheim, de son vrai nom Hans-Jurgen Syberberg, a réalisé environ 150 films tout au long de sa carrière, explorant des thèmes tels que l’homosexualité, le sida, le travail du sexe et les questions identitaires. Son œuvre, souvent controversée, se distinguait par son approche directe et son esthétique singulière. Parmi ses films notables figurent « La Saucisse de lit » et « Rex Gildo : La Dernière Danse ».
Au-delà du cinéma, von Praunheim était également un artiste polyvalent, s’exprimant à travers la peinture, le théâtre et l’écriture. Il était connu pour son excentricité et ses apparitions remarquées dans les médias, où il n’hésitait pas à dénoncer les injustices et à défendre ses convictions. En 1991, il avait notamment créé la polémique en critiquant publiquement les personnalités de la télévision Alfred Biolek et Hape Kerkeling.
Il avait défendu cette action en affirmant :
« Les personnes présentes dans les médias ont la responsabilité de montrer que l’homosexualité est un mode de vie égalitaire. Nous devons être visibles. »
Rosa von Praunheim
Son film de 1971, « Ce n’est pas l’homosexuel qui est pervers, mais la société dans laquelle il vit », est largement reconnu comme un moment clé dans l’histoire du mouvement pour les droits des homosexuels en Allemagne. Il a ouvert la voie à une réflexion plus large sur la sexualité et la tolérance.
Plus récemment, von Praunheim avait exploré des thèmes plus personnels dans ses œuvres, comme dans le documentaire « My Mothers – Tracing the Path in Riga », qui faisait suite à la révélation tardive de sa mère concernant ses véritables origines. Il avait également abordé la crise du sida et son propre passé.
En 2022, interrogé par l’agence allemande de presse dpa, il avait exprimé une vision singulière de la mort :
« Le sexe après la mort, j’y crois fermement. »
Rosa von Praunheim
Rosa von Praunheim s’est éteint quelques jours après avoir officialisé son union avec son partenaire de longue date, Oliver Sechting, un mariage célébré comme un symbole d’engagement et d’amour.
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