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la réalité du projet sans son actionnaire d’origine et avec un profil bas

Publié le 14 décembre 2025 à 19h49. Le projet d'extraction de fer d'Hierro Indio, autrefois fleuron du développement minier dans la province de Mendoza, est aujourd'hui freiné par un conflit de propriété qui a ramené ses ambitions à…

la réalité du projet sans son actionnaire d’origine et avec un profil bas

Publié le 14 décembre 2025 à 19h49. Le projet d’extraction de fer d’Hierro Indio, autrefois fleuron du développement minier dans la province de Mendoza, est aujourd’hui freiné par un conflit de propriété qui a ramené ses ambitions à une échelle beaucoup plus modeste.

  • Le projet Hierro Indio, initialement présenté comme un modèle de développement minier durable, est confronté à un différend majeur entre ses actionnaires.
  • L’entreprise prévoit de soumettre prochainement un rapport d’impact environnemental pour une exploitation minière à petite échelle, axée sur l’approvisionnement des cimenteries.
  • Un litige judiciaire, initié fin 2024, oppose le fondateur du projet à ses partenaires, portant sur la stratégie de développement et l’investissement nécessaire.

Ce qui était il y a quelques années un projet phare, la première étude d’impact environnemental (EIE) approuvée dans le cadre de la Loi 7722, est aujourd’hui en suspens. Le gouvernement provincial avait alors présenté ce projet comme la preuve de la viabilité de l’exploitation minière et de l’industrie métallurgique, dans le respect de la législation locale.

L’actuel président de Hierro Indio SA, Rafael Dahl, a indiqué que l’entreprise s’apprête à présenter le rapport d’impact environnemental pour l’exploitation du gisement. Le plan prévoit l’extraction du minerai et l’installation d’une usine de broyage, avec pour objectif principal d’approvisionner les cimenteries. Dahl défend une approche prudente, privilégiant une production initiale modeste en vue d’une future industrialisation et d’une valorisation accrue du minerai.

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Gouvernement de Mendoza

Hierro Indio devait exploiter de la magnétite, un minerai de fer dont la teneur peut atteindre 65%. Après une longue recherche de financement, le projet a pu progresser grâce à un partenariat avec PRC SAU, une société d’État qui avait repris les actifs de Vale à Potasio Río Colorado et qui a investi dans les travaux d’exploration. Suite à la cession de Potasio Río Colorado à Minera Aguilar, cette dernière a contribué à dynamiser l’économie de Mendoza.

Une première campagne de forage, qualifiée d’encourageante, avait permis de forer 2 480 mètres et d’identifier une ressource potentielle d’au moins 5 millions de tonnes de fer dans la zone explorée. À cette époque, certains partenaires souhaitaient passer à une phase de production, tandis que d’autres préconisaient de poursuivre l’exploration avec de nouvelles campagnes.

La judicialisation du conflit

Cette projection a été compromise par le conflit interne révélé publiquement fin 2024. Guillermo Re Kuhl, le principal promoteur du projet, a annoncé le dépôt d’un procès contre ses partenaires, suite à sa démission du conseil d’administration en octobre 2024 (il était à la tête du projet depuis 2009). Cette démission, qui avait surpris à l’époque, s’explique par ces divergences. La société Hierro Indio était alors composée des actionnaires majoritaires Guillermo Re Kuhl et son épouse Catalina Herrera Salazar, rejoints par Ezequiel Yusin, représentant d’un groupe d’investissement, Rafael Dahl et Impulsa Mendoza.

Le fondateur et actionnaire de Hierro Indio, Guillermo Re Kuhl, a déclaré que la plainte qu’il porte contre ses partenaires a déjà été introduite devant les tribunaux. Photo: Gouvernement de Mendoza

Le litige est né d’une décision majoritaire du conseil d’administration de procéder à une augmentation de capital d’environ 120 000 $ US afin de poursuivre le processus de demande d’EIE d’exploitation et de préparer le rapport d’impact environnemental. Re Kuhl et son épouse n’étaient pas d’accord avec cette orientation vers l’exploitation et ont refusé d’apporter leur contribution. Ce défaut de paiement a entraîné la « dilution de leurs actions », réduisant leur participation.

Ce conflit, judiciarisé depuis le début de 2025, reflète deux visions opposées de l’entreprise. Re Kuhl représente le profil du géologue qui initie une exploration et cède ensuite la place à une entreprise junior pour poursuivre le développement. Cependant, il s’est heurté à une majorité de la société qui, même avec des résultats de forage limités, a décidé de passer à une exploitation à petite échelle. L’origine de cette rupture pourrait être recherchée en 2022, lorsque la société d’État (alors PRC SAU) a acquis 20 % du capital avec une option d’achat sur les 80 % restants, option qui n’a finalement pas été exercée.

Dans ce contexte, Re Kuhl s’interroge sur la stratégie du conseil d’administration actuel. Il estime que démarrer la production avec un investissement initial estimé à seulement 150 000 $ US témoigne d’un manque de « structure économique et technique pour soutenir le projet ». Il dénonce également une utilisation politique du projet minier.

Les divergences entre les actionnaires ont finalement conduit à une action en justice et, selon la direction actuelle du projet, dirigée par Dahl, le processus d’avancement a été ralenti par ce conflit avec l’ancien contrôleur de l’entreprise. Le président du conseil d’administration a assuré que les poursuites judiciaires initiées par Re Kuhl ont été réglées en faveur du reste des actionnaires. Actuellement, selon ses déclarations, les actions de Re Kuhl représentent moins de 1% de l’entreprise.

À court terme, le conseil d’administration actuel prévoit des nouvelles concernant le développement de Hierro Indio, mais avec des attentes beaucoup plus modestes et à petite échelle. L’entreprise assure toutefois que cette phase de production limitée n’est qu’une étape vers un projet de grande envergure, qui pourrait éventuellement être intégré à un RIGI (Régime d’Incitations à l’Investissement Grandiose). Entre-temps, l’entreprise prévoit de soumettre prochainement le rapport d’impact environnemental pour la phase de production.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.