Home MondeLA RÉUTILISATION DES EAUX USÉES DANS LES VIGNOBLES NE GÂTERA PAS LE VIN

LA RÉUTILISATION DES EAUX USÉES DANS LES VIGNOBLES NE GÂTERA PAS LE VIN

by Clara Dubois

Les eaux usées issues du nettoyage des vignobles pourraient représenter une solution d’irrigation viable, selon deux études récentes menées en Californie. Les recherches, portant sur des exploitations dans les régions de Napa et de Lodi, suggèrent que le recyclage de ces eaux usées est non seulement possible, mais aussi potentiellement bénéfique pour la santé des vignes et la qualité du vin.

L’étude principale, publiée dans le Journal américain d’œnologie et de viticulture, apporte des données cruciales pour permettre aux vignerons californiens de réutiliser les eaux usées traitées. Elle met notamment en lumière les enjeux liés à la salinité, un point de vigilance important.

« Nous comprenons désormais la composition de nos eaux usées et ce que nous pouvons faire pour les valoriser avant de les rejeter », explique Maya Buelow, scientifique à l’Université de Californie à Davis. « Les vignes sont des cultures exigeantes, et les viticulteurs doivent analyser attentivement la nature de leur sol et de leurs eaux usées, mais de nombreuses exploitations peuvent mettre en place ce type de système efficacement. »

Les chercheurs ont analysé des échantillons d’eaux usées prélevés mensuellement pendant deux ans dans 18 vignobles. Ils ont constaté que la plupart des exploitations pratiquaient déjà un traitement préliminaire de leurs eaux usées grâce à des bassins de rétention et à d’autres systèmes biologiques.

La concentration de sodium reste toutefois un sujet de préoccupation. Les agents de nettoyage utilisés dans les vignobles sont souvent riches en sodium, et ce sel ne peut pas être éliminé par les processus de traitement biologiques. Cependant, une seconde étude, parue dans Farming Sprinkle Administration, révèle que les niveaux de sel dans les sols viticoles sont généralement inférieurs aux seuils critiques pour la plupart des cépages et des porte-greffes.

Par ailleurs, une tendance se dessine vers l’utilisation de nettoyants à base de potassium plutôt que de sodium. L’étude a examiné les conséquences de ce changement sur différents types de sols. Les résultats indiquent que :

  • Les sols argileux riches en montmorillonite pourraient bénéficier de l’utilisation de nettoyants à base de potassium.
  • Les sols contenant de la vermiculite pourraient être affectés négativement par ces mêmes nettoyants.
  • Ni le sodium, ni le potassium n’ont d’impact significatif sur l’infiltration de l’eau dans les sols argileux à kaolinite.

« Ces découvertes sont pertinentes pour de nombreux secteurs agricoles », souligne Maya Buelow. « D’autres industries agroalimentaires, comme la production laitière, porcine, avicole ou la transformation des aliments, génèrent également d’importantes quantités d’eaux usées et pourraient envisager des solutions de recyclage similaires. »

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