Publié le 18 décembre 2025 20h35. L’Union européenne repousse la signature de son accord commercial avec le Mercosur, bloc sud-américain, à la demande de l’Italie, soucieuse de calmer les inquiétudes de ses agriculteurs face à une concurrence accrue. Cette décision intervient alors que les négociations, déjà longues, pourraient être compromises par des tensions politiques internes à l’UE.
- La signature de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur est reportée à janvier 2026, au plus tôt.
- Cette décision fait suite à une requête de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qui souhaitait obtenir plus de temps pour apaiser les craintes des agriculteurs italiens.
- Les pays de l’UE favorables à l’accord exigent des garanties quant à une nouvelle date de signature, craignant que de nouveaux retards ne mettent en péril l’ensemble des négociations.
L’accord commercial avec le Mercosur, qui regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, la Bolivie et l’Uruguay, est au point mort. Selon des sources diplomatiques européennes citées par Politico, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a demandé un report de la signature afin de désamorcer la colère des agriculteurs italiens, particulièrement préoccupés par l’arrivée potentielle de volaille et de viande bovine à bas prix en provenance d’Amérique du Sud. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a accédé à cette demande, le Brésil assurant actuellement la présidence du Mercosur jusqu’à fin décembre.
Les pays de l’UE les plus fervents partisans de cet accord, en tête l’Allemagne, insistent désormais pour obtenir une assurance quant à une nouvelle date de signature. Certains évoquent même le milieu du mois de janvier 2026 comme échéance possible.
Cependant, la situation reste fragile. Des avertissements ont été émis quant au risque d’échec définitif des négociations en cas de nouveaux retards. Les inquiétudes grandissent face à la possibilité que l’opposition à l’accord se renforce au Parlement européen, ou que les démarches ultérieures soient compliquées lorsque le Paraguay, pays sceptique à l’égard de l’accord, prendra la présidence du Mercosur à la fin de l’année.
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a exprimé sa propre réserve à l’égard de l’accord. Interrogé à Bruxelles, il a souligné que la Pologne s’opposait à cet accord, défendant les intérêts de ses agriculteurs et producteurs.
« Certains intérêts de nos agriculteurs ne sont peut-être pas menacés, mais ils n’ont aucune raison d’être heureux. »
Donald Tusk, Premier ministre polonais
Malgré l’opposition polonaise, M. Tusk a reconnu qu’il serait difficile de bloquer l’accord, faute de majorité suffisante. Il a toutefois salué le travail des députés européens, notamment Hetman et Joński, qui ont permis d’obtenir des amendements favorables aux agriculteurs et producteurs polonais.
Le Premier ministre a également indiqué avoir discuté de la situation avec la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et le président français, Emmanuel Macron, afin de trouver une approche commune. Il a souligné l’importance de garantir la sécurité des agriculteurs et des consommateurs polonais, notamment en ce qui concerne l’utilisation des pesticides et le contrôle accru de la part de l’Union européenne.
« Ce n’est pas parfait, mais ce n’est pas mal. »
Donald Tusk, Premier ministre polonais
Il a également exprimé des doutes quant au soutien de la France à l’accord dans sa forme actuelle, et s’est dit incertain quant à la position de l’Italie.
La forme définitive de la clause de protection du contrat a été négociée mercredi. Le Parlement européen avait adopté cette clause mardi, décidant que la procédure de protection des producteurs agricoles nationaux, pouvant mener à la fermeture des marchés européens aux importations du Mercosur, serait déclenchée en cas de baisse des prix des produits sensibles de 8 % (initialement 10 % proposé par la Commission européenne).
Cet accord commercial introduira des préférences douanières pour les exportations de bœuf, de volaille, de produits laitiers, de sucre et d’éthanol en provenance d’Argentine, du Brésil, de l’Uruguay et du Paraguay. En contrepartie, l’industrie européenne aura accès aux marchés de ces pays.
Pour aller plus loin
