Publié le 19 juillet 2024. Le géant américain des cartes à collectionner Panini America est accusé d’abus de position dominante par une jeune entreprise concurrente, Wild Card, qui dénonce des pratiques visant à étouffer son développement sur le marché lucratif des cartes sportives.
- Wild Card accuse Panini d’utiliser sa position dominante pour empêcher son expansion, notamment en exerçant des pressions sur les distributeurs.
- Le procès fait état de changements de comportement soudains de la part de plusieurs distributeurs après une réunion interne chez Panini en octobre 2021.
- L’affaire, déposée devant un tribunal américain, vise à obtenir des dommages et intérêts et à contraindre Panini à adopter une politique d’allocation plus équitable.
Basée à Irving, au Texas, Panini America, leader incontesté du marché des cartes à collectionner haut de gamme de basketball et de football aux États-Unis, est au centre d’une bataille juridique avec Wild Card, une entreprise basée dans le Tennessee qui a fait son entrée sur le marché en 2021. Selon le procès de 20 pages, Wild Card a rapidement gagné du terrain auprès des athlètes, des distributeurs et des collectionneurs, menaçant la suprématie de Panini.
« Cette affaire concerne Panini qui utilise sa domination pour étouffer la marque émergente de cartes à collectionner Wild Card », peut-on lire dans le document juridique. Wild Card affirme avoir connu un « succès immédiat » après son lancement et être devenue un concurrent sérieux pour Panini.
Le procès révèle que Panini a pris conscience de la menace que représentait Wild Card, notamment après avoir été informée en 2021 que ses accords de licence exclusifs avec la NBA et la NFL ne seraient pas renouvelés et arriveraient à échéance en 2025-2026. Au lieu de se préparer à une concurrence basée sur l’innovation ou la qualité, Panini aurait choisi d’utiliser son pouvoir de marché pour éliminer la concurrence avant qu’elle ne puisse s’installer, selon les allégations de Wild Card.
Lors d’une réunion annuelle à huis clos en octobre 2021, Panini aurait exigé de ses distributeurs une « loyauté » totale, menaçant de conséquences en cas de collaboration avec Wild Card. Dans les trois semaines qui ont suivi, quatre grands distributeurs de cartes auraient brusquement refusé de nouvelles allocations à Wild Card. Wild Card estime que ces refus étaient prétextes, contredis par une demande croissante et de bonnes performances commerciales.
« Les retraits brusques et synchronisés des distributeurs ont été contraires à leurs intérêts économiques, en l’absence de la coercition de Panini », affirme le procès.
L’affaire, déposée le 6 novembre, a été confiée au juge en chef du district américain Amos L. Mazzant III et porte plainte pour violations de la loi Sherman, de la loi Clayton – monopolisation, tentative de monopolisation, complot en vue de monopoliser – et du Code des affaires et du commerce du Texas. Wild Card demande des dommages-intérêts triplés, une injonction interdisant à Panini de conditionner ses allocations au refus de commercialiser ses produits, et un jugement contraignant l’entreprise à adopter des critères d’allocation neutres et écrits applicables à tous les distributeurs.
Le Texas Lawbook est un journal en ligne qui se concentre sur le droit des affaires et les avocats d’affaires au Texas.
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