Publié le 19 octobre 2025 à 10h02. Entre passion dévorante et risque d’épuisement, Lauren Isabel, styliste suisse, livre un témoignage sans filtre sur les défis et les joies du travail indépendant dans le monde de la mode.
- Lauren Isabel jongle avec plusieurs casquettes : directrice artistique, styliste, productrice d’événements et animatrice de communauté.
- Elle a connu un succès rapide après avoir quitté un emploi stable, mais a dû apprendre à fixer des limites pour éviter le burn-out.
- Elle partage son expérience sur les réseaux sociaux pour encourager d’autres travailleurs indépendants à prendre soin d’eux.
À 29 ans, Lauren Isabel incarne la nouvelle génération de créatifs qui choisissent la liberté du travail indépendant. Pourtant, derrière les photos glamour et les collaborations prestigieuses, se cache une réalité bien plus exigeante. « Mon travail, c’est ma vie », confie-t-elle, mais cette dévotion a un prix.
Après avoir travaillé pour une entreprise de baskets et de streetwear, Lauren a réalisé qu’elle était capable de consacrer toute son énergie à un projet qui la passionnait. « J’ai compris que j’étais du genre à être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et prête à tout donner », explique-t-elle. La question s’est alors posée : pourquoi offrir cette énergie à une autre entreprise ? « Si je peux le faire pour quelqu’un d’autre, je peux le faire pour moi-même. »
Elle a donc pris la décision impulsive de démissionner et de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, avec un objectif simple : « J’espérais juste gagner assez pour payer le loyer. » Contre toute attente, la première année s’est avérée être un succès. « Peut-être étais-je naïve ou simplement chanceuse », admet-elle. Les commandes se sont enchaînées, son réseau s’est élargi et sa reconnaissance a grandi.
Lauren a su tirer parti des réseaux sociaux pour se faire connaître et promouvoir son travail. En tant que styliste, elle s’est rapidement imposée sur la scène de la mode, collaborant avec des marques renommées telles que Zalando et Samsonite. En 2024, elle a eu l’opportunité de coiffer Nemo pour le début du Concours Eurovision de la chanson, et un an plus tard, elle a renouvelé l’expérience aux Swiss Music Awards.
Mais cette réussite a un revers. Jongler avec les projets, les clients et les délais l’a obligée à repousser ses propres limites. « Quand on est indépendant, on vérifie qu’on peut toujours travailler », constate-t-elle. Cette course effrénée l’a menée au bord de l’épuisement.
Lauren aime profondément son métier, peut-être même trop. L’activité constante met à rude épreuve son corps et son esprit. « Je vise le prochain sommet, le prochain succès », avoue-t-elle. L’industrie de la mode et de la création valorise la « mentalité Hustle », une culture du travail acharné qu’elle a longtemps soutenue. « Je fais aussi partie du problème. On est fier d’être surmené. C’est toxique et insoutenable. »
Le prix à payer pour cette performance continue est élevé : « J’avais l’impression de me noyer. » Elle a finalement pris conscience qu’elle ne pouvait pas continuer ainsi et a commencé à remettre en question ses priorités. « J’ai dû admettre que toujours donner la priorité à son travail n’est pas un signe de force, mais un avertissement. »
Aujourd’hui, Lauren a mis en place des stratégies pour préserver son bien-être. Le soir, elle met son téléphone en mode avion, dort davantage, mange plus régulièrement et pratique une activité physique. « Je dois considérer cela comme faisant partie de mon travail. Je me dois de manger quelque chose pour que mon esprit continue de fonctionner. »
Elle partage ouvertement ses expériences sur les réseaux sociaux, y compris les aspects les plus difficiles. « Je veux montrer que lutter ne signifie pas échouer. » En témoignant de ses propres vulnérabilités, elle espère encourager d’autres travailleurs indépendants à prendre soin d’eux.
Ce que Lauren a appris : il n’y a pas de recette miracle pour réussir en tant que travailleur indépendant. Il s’agit de redéfinir constamment l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. « Il n’y a pas de formule parfaite. Mais j’ai appris que les limites n’ont rien à voir avec la faiblesse : elles vous rendent meilleur dans ce que vous faites. »
Le chemin entre le succès et l’épuisement professionnel
Durée 13 minutes.
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