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La Suisse devrait acheter des avions de combat bon marché pour compléter le F-35

by Nicolas Lefèvre

Publié le 22 décembre 2025 à 09h55. L’acquisition des avions de combat F-35 continue de susciter le débat en Suisse, alors que des voix s’élèvent pour plaider en faveur d’une flotte complémentaire, plus économique, issue de l’Italie ou de la Suède.

  • Le Parlement et des experts soutiennent l’idée d’acquérir des avions de combat moins coûteux pour compléter la flotte de F-35.
  • Deux modèles sont particulièrement étudiés : le Gripen suédois et le Leonardo M-346 italien.
  • L’idée d’une seconde flotte divise, certains craignant des coûts supplémentaires importants.

La décision d’achat des avions de combat F-35 aux États-Unis reste au cœur des préoccupations politiques et budgétaires en Suisse. Les coûts liés à ce programme d’armement, dépassant les six milliards de francs suisses (environ 6,1 millions d’euros), interpellent non seulement le gouvernement et le Parlement, mais également la population.

La semaine dernière, le ministre de la Défense, Martin Pfister, a annoncé que le nombre initial d’avions commandés serait revu à la baisse. Cette annonce a relancé les discussions sur la possibilité d’acquérir d’autres appareils pour compléter la flotte de F-35, une option qui avait été évoquée lors des premières réflexions sur le renouvellement de l’aviation militaire suisse.

L’attention se porte désormais sur deux alternatives potentiellement moins onéreuses : le Gripen suédois et le Leonardo M-346 italien. Le Gripen, déjà proposé par le passé, avait été rejeté par les électeurs en 2014. Toutefois, la situation géopolitique actuelle et les besoins exprimés par d’autres pays, comme l’Ukraine qui souhaite en acquérir 150, pourraient relancer son intérêt. La capacité de Saab, le constructeur, à répondre à la demande reste cependant incertaine.

Le Leonardo M-346, quant à lui, est principalement un avion d’entraînement, mais il peut également être équipé d’armement. Il est considéré comme une option particulièrement intéressante pour compléter la flotte de F-35.

Priska Seiler Graf, responsable de la sécurité du Parti social-démocrate (PS), estime que l’acquisition d’avions plus légers pourrait soulager la flotte de F-35 de certaines missions :

« Un avion de combat léger pourrait soulager l’autre flotte des tâches de police de l’air. »

Priska Seiler Graf

Georg Mader, un expert autrichien en aviation militaire, partage cet avis. Il souligne que l’utilisation d’une seconde flotte d’avions plus simples pour la police de l’air permettrait de réduire les coûts globaux du système F-35.

Jacqueline de Quattro, présidente de la Commission de politique de sécurité du Conseil national (FDP), se montre également favorable à cette stratégie :

« Peut-être avons-nous réellement besoin d’avions plus légers pour accompagner les gros avions de combat. »

Jacqueline de Quattro, présidente de la commission politique de sécurité du Conseil national

Cependant, cette proposition ne fait pas l’unanimité. Thomas Hurter, conseiller national de l’Union démocratique du centre (UDC) et ancien pilote de chasse, met en garde contre les coûts supplémentaires liés à l’acquisition d’un second système :

« L’achat d’un deuxième système entraîne également des coûts supplémentaires très importants », a-t-il déclaré. « Une formation supplémentaire des pilotes est nécessaire et il y a des coûts supplémentaires pour les mécaniciens. »

La Suisse doit donc désormais déterminer la meilleure voie à suivre concernant l’acquisition de ses futurs avions de combat. Le débat promet d’être animé, tant sur le plan politique que budgétaire, et continuera d’interpeller la population.

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