Publié le 3 octobre 2023 14:52:00. Plus de soixante ans après les massacres de 1965-1966, l’ombre du communisme continue de planer sur l’Indonésie, instrumentalisée par le gouvernement et les forces de l’ordre pour maintenir un climat de peur et justifier des mesures répressives.
- L’Indonésie commémore l’anniversaire des massacres de 1965-1966, qui ont fait au moins 500 000 victimes.
- Les survivants et les familles des victimes dénoncent la diabolisation persistante du communisme dans le discours public.
- Des saisies de livres et des accusations liées au communisme ont eu lieu lors de récentes manifestations.
L’Indonésie a marqué, ce mardi, une nouvelle année depuis les événements tragiques de 1965-1966. Durant cette période sombre, au moins 500 000 personnes ont été tuées lors d’une purge orchestrée par l’État, visant les personnes soupçonnées d’être communistes. Ces exécutions massives ont suivi l’assassinat de six généraux militaires, imputé au Parti communiste indonésien (PKI), aujourd’hui dissous, dans le cadre d’une prétendue tentative de coup d’État.
Les survivants et les familles des victimes expriment une vive inquiétude face à la persistance d’une rhétorique anti-communiste dans le débat public indonésien. Ils accusent le gouvernement de continuer à entretenir la peur et à propager un récit déformé sur le PKI.
« Le communisme est depuis des décennies présenté comme un “fantôme” en Indonésie, toujours présent, attendant de détruire. Il est donc devenu une cible facile chaque fois qu’il y a des troubles, les autorités l’invoquant souvent pour détourner la colère populaire. »
Ilham Aidit, fils de DN Aidit, ancien chef du PKI
Ilham Aidit a déclaré au Jakarta Post que, malgré le caractère dépassé de ce récit, il continue d’être cru par certains, ce qui est particulièrement douloureux pour les descendants des victimes. Il souligne que la diffusion de ces fausses informations continue de nuire aux familles touchées.
Cette situation s’est manifestée récemment par une série de répression contre toute expression perçue comme relevant du symbolisme communiste. Lors des manifestations nationales d’août, alimentées par le mécontentement populaire face aux inégalités économiques et à l’insensibilité des élites politiques, la police a confisqué des livres considérés comme communistes à Kediri (Java oriental) et Bandung (Java occidental).
Ces événements rappellent que, plus de six décennies après les massacres, le spectre du communisme reste un outil politique puissant en Indonésie, utilisé pour justifier des mesures autoritaires et réprimer toute forme de dissidence.
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