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La Turquie lance une enquête pour blanchiment d’argent sur la société de paiement numérique Vepara et arrête 31 personnes

by Amélie Bernard

Publié le 26 décembre 2025 à 17h29. Une vaste enquête pour blanchiment d’argent a été ouverte en Turquie contre la société de paiement numérique Vépara, entraînant l’arrestation de 31 personnes dans six provinces, alors que les autorités intensifient leur lutte contre les paris illégaux et la fraude en ligne.

  • Une enquête pour blanchiment d’argent vise la société de paiement numérique Vépara.
  • 31 suspects ont été interpellés dans le cadre d’opérations menées dans six provinces turques.
  • Cette opération s’inscrit dans une répression plus large contre les activités de paris illégaux et de fraude en ligne.

Les procureurs turcs ont lancé une enquête approfondie sur Vépara, une entreprise de technologie financière basée à Istanbul, spécialisée dans les services de monnaie électronique et de paiement. L’opération, coordonnée par l’unité du parquet chargée de prévenir le financement du terrorisme et d’enquêter sur le blanchiment d’argent, a abouti à l’arrestation de 31 personnes dans les provinces d’Istanbul, d’Ankara, de Kastamonu, de Tokat, de Kocaeli et de Bursa, a annoncé vendredi le parquet général d’Istanbul.

Selon les premiers éléments de l’enquête, Vépara serait impliquée dans l’acheminement de fonds provenant de paris illégaux et de fraudes en ligne vers le système financier. Les autorités s’appuient sur des rapports d’inspection de la banque centrale turque et des analyses financières du Conseil d’enquête sur les crimes financiers (MASAK) pour étayer leurs accusations. L’enquête vise à déterminer si des sociétés nationales et étrangères ont été utilisées pour dissimuler l’origine de ces fonds illicites.

Parmi les personnes arrêtées figurent des ingénieurs logiciels, du personnel informatique et des chefs de projet, accusés d’avoir facilité le transfert de fonds liés à des activités criminelles. Vépara propose une gamme de services de paiement numérique, notamment des portefeuilles électroniques, des paiements par code QR, des systèmes de point de vente virtuels et mobiles, des solutions de paiement basées sur des liens, des cartes prépayées et des services d’intégration de paiement pour les commerçants.

Cette opération intervient dans un contexte de durcissement de la réglementation et de la répression des activités financières illégales en Turquie, en particulier dans les secteurs en pleine expansion de la fintech et des jeux en ligne. Ces derniers mois, les procureurs ont multiplié les enquêtes de grande envergure visant les réseaux de paris illégaux, notamment dans le football professionnel et sur les réseaux sociaux. D’autres plateformes de paiement numérique, telles que Payfix, QI Argent et PAYCO, ont également été placées sous le coup d’enquêtes similaires.

Les autorités ont également ciblé des personnalités publiques et des influenceurs en ligne accusés de promouvoir les paris illégaux. Plusieurs personnes ont été arrêtées pour avoir encouragé le jeu en direct sur les réseaux sociaux, tandis que des artistes de renom ont été placés en résidence surveillée dans des affaires antérieures. Les régulateurs affirment que ces enquêtes ont révélé des flux financiers illicites s’élevant à plusieurs milliards de lires turques (environ plusieurs centaines de millions d’euros) circulant via des portefeuilles numériques, des comptes de cryptomonnaies et des systèmes de transfert d’argent informels.

En conséquence, au moins dix sociétés de monnaie électronique ont vu leurs licences suspendues ou révoquées, et la banque centrale turque a dressé une liste de 61 institutions agréées. Le jeu reste strictement réglementé en Turquie, les casinos étant interdits depuis 1998 et les jeux en ligne non étatiques depuis 2006. Les autorités estiment que les paris illégaux alimentent la dépendance et entraînent une perte de plusieurs milliards de lires turques pour l’économie nationale chaque année.

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