Publié le 28 septembre 2025 à 16h59. Des chercheurs de Göttingen et Heidelberg ont identifié un marqueur sanguin, le taux de calcium, qui permet de prédire le risque de troubles du rythme cardiaque après une opération à cœur ouvert, ouvrant la voie à une prévention plus ciblée.
- Un taux de calcium anormal peut indiquer un risque accru de fibrillation auriculaire postopératoire.
- La mesure des mouvements de calcium dans les cellules musculaires cardiaques, effectuée pendant l’opération, permet d’identifier les patients à risque.
- Cette découverte pourrait permettre de mettre en place des mesures préventives dès l’intervention chirurgicale.
Les arythmies cardiaques sont une complication fréquente après une chirurgie cardiaque, touchant jusqu’à 60 % des patients selon la Fondation allemande du cœur. Ces troubles, notamment la fibrillation auriculaire, se manifestent par un rythme cardiaque irrégulier et rapide, entraînant fatigue, essoufflement et parfois des malaises. Une équipe de chercheurs de l’Université de médecine de Göttingen (UMG) et de l’hôpital universitaire de Heidelberg (UKHD) a désormais identifié un facteur prédictif clé : le taux de calcium dans les cellules cardiaques.
L’étude, publiée dans le European Heart Journal, révèle que l’analyse des mouvements de calcium au sein des cellules musculaires cardiaques, réalisée directement pendant l’opération, permet d’évaluer le risque de développer une fibrillation auriculaire postopératoire. Le calcium joue un rôle essentiel dans la contraction du cœur, assurant le pompage du sang. Des anomalies dans son fonctionnement peuvent perturber le rythme cardiaque.
La méthode de mesure consiste à prélever de minuscules échantillons de tissu de l’atrium droit pendant l’intervention chirurgicale. Ces échantillons sont ensuite analysés en laboratoire pour évaluer la manière dont les cellules musculaires cardiaques absorbent et libèrent le calcium. Grâce à une technique appelée Patch Clamp, les chercheurs mesurent les courants électriques et les mouvements de calcium à l’échelle cellulaire.
L’étude a porté sur 558 patients ayant subi une chirurgie cardiaque à Göttingen et Heidelberg, tous présentant un rythme cardiaque stable avant l’opération. L’analyse des données a permis d’identifier les patients qui ont développé des troubles du rythme après l’intervention.
« Notre travail montre à quel point il est important de relier intelligemment les données moléculaires et les informations cliniques. »
Professeur Niels Voigt, pharmacologie moléculaire, Institut de pharmacologie et de toxicologie de l’UMG
Le Dr Judith Gronwald, adjointe en cardiologie et pneumologie à la clinique UMG, souligne l’intérêt de cette approche pour les patients :
« Pour les patients, cette combinaison de données de laboratoire et de clinique peut être un réel bénéfice. Elle nous permet d’envisager des mesures préventives à l’avenir et d’éviter les complications avant qu’elles ne surviennent. »
Dr Judith Gronwald, adjointe en cardiologie et pneumologie, clinique UMG
Cette découverte ouvre la voie à une prise en charge plus personnalisée des patients subissant une chirurgie cardiaque, avec la possibilité de mettre en place des mesures préventives ciblées en fonction de leur profil de risque.
