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La vilaine bête de l’autoritarisme américain

L’administration Trump poursuit sur une voie de plus en plus autoritaire, marquée par une réécriture de l’histoire et une volonté affichée d’exercer sa puissance par la force, y compris par des actions unilatérales sur la scène internationale. Ces…

La vilaine bête de l’autoritarisme américain

L’administration Trump poursuit sur une voie de plus en plus autoritaire, marquée par une réécriture de l’histoire et une volonté affichée d’exercer sa puissance par la force, y compris par des actions unilatérales sur la scène internationale. Ces dérives inquiètent les observateurs, qui y voient un abandon progressif des principes démocratiques au profit d’une logique de domination.

Stephen Miller, l’un des principaux idéologues de l’administration, a récemment publié un message sur le réseau social X (anciennement Twitter) qui a suscité l’indignation. Il y affirmait que les anciennes puissances coloniales avaient « ouvert leurs frontières » après la Seconde Guerre mondiale, ce qui serait une forme d’« auto-punition ». Une affirmation rapidement démentie par les historiens, qui rappellent que le colonialisme a toujours été motivé par l’exploitation et l’accumulation de richesses.

« Le colonialisme n’a jamais eu pour objectif de rendre les populations indigènes riches et prospères, pas plus que l’esclavage n’avait pour objectif d’améliorer la condition des esclaves », a souligné un commentateur. « Il s’agissait – et il s’agit toujours – d’utiliser la puissance brute pour accumuler plus de pouvoir, plus de ressources et plus de marchés. »

Cette vision du monde, fondée sur une lecture biaisée de l’histoire, se traduit concrètement par une politique d’immigration restrictive et une volonté de s’affirmer sur la scène internationale par la force. L’administration Trump a notamment mis en œuvre une stratégie agressive à l’égard du Venezuela, allant jusqu’à envisager une intervention militaire pour renverser le président Nicolás Maduro et s’emparer des ressources pétrolières du pays.

« Nous vivons dans un monde qui est gouverné par la force, qui est gouverné par le pouvoir », a déclaré Stephen Miller lors d’une interview à CNN, affirmant que les États-Unis pourraient s’emparer du Groenland et de ses ressources minières, sans exclure le recours à la force. « Ce sont les lois d’airain du monde depuis la nuit des temps. »

Pour Lucan Way, professeur de démocratie à l’Université de Toronto, la collaboration du Parti républicain avec cette réécriture de l’histoire est le signe le plus clair d’un abandon de son engagement en faveur de la démocratie. « L’adhésion ouverte du Parti républicain à l’autoritarisme est le fait le plus important du système politique américain », a-t-il déclaré.

L’escalade de l’autoritarisme s’est manifestée de manière particulièrement brutale cette semaine, avec l’intensification des efforts de la Maison Blanche pour minimiser les événements du 6 janvier 2021, date de l’attaque du Capitole par des partisans de Donald Trump. L’administration tente de présenter ces événements comme une manifestation pacifique réprimée par la police, une version des faits contredite par les images et les témoignages.

Antonia Juhasz, journaliste d’investigation spécialisée dans l’industrie pétrolière, souligne que l’administration Trump ne se soucie pas du droit international. « Ce qui différencie l’attaque contre le Venezuela, c’est que l’administration Trump ne fait aucun effort pour respecter le droit international. Il s’agit d’une action très publique, ce n’est pas une mission secrète. Il s’agit de la destitution publique du président d’un autre pays, sans aucune feinte de légalité. »

Récemment, un agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) a abattu une manifestante pacifique à Minneapolis alors qu’elle tentait de fuir après avoir bloqué la route aux véhicules de l’agence. Cet incident, qui a suscité l’indignation, illustre la violence croissante des forces de l’ordre et le climat de répression qui se développe aux États-Unis.

« À ICE, foutez le camp de Minneapolis », a déclaré le maire de la ville, Jacob Frey, dénonçant l’affirmation de l’agence selon laquelle l’agent aurait tiré en état de légitime défense. « Des gens sont blessés, des familles sont déchirées… et maintenant, quelqu’un est mort. C’est votre responsabilité. »

Dans un contexte de tensions croissantes, les observateurs appellent à une résistance ferme contre cette dérive autoritaire, qui menace les fondements de la démocratie américaine et met en péril la paix et la stabilité internationales.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.