L’affaire du jeune homme accusé du meurtre de Charlie Kirk, figure du mouvement conservateur américain, connaît un nouveau rebondissement. Les avocats de la défense ont demandé la disqualification de l’équipe de procureurs, invoquant un potentiel conflit d’intérêts lié à la présence de la fille d’un procureur adjoint lors du rassemblement où Kirk a été abattu.
Tyler Robinson, 22 ans, est accusé d’avoir ouvert le feu sur Charlie Kirk le 10 septembre dernier sur le campus de l’Université d’Utah Valley, à Orem, à quelques kilomètres de Provo. Il a plaidé non coupable. Les procureurs ont annoncé leur intention de requérir la peine de mort, ce qui, selon la défense, témoigne d’une réaction émotionnelle excessive et justifie la disqualification de l’ensemble de l’équipe.
La demande de disqualification repose sur le fait que la fille d’un procureur adjoint, âgée de 18 ans, était présente lors du rassemblement et a ensuite envoyé un SMS à son père décrivant les événements. Les avocats de Robinson estiment que ce lien étroit entre l’accusation et une personne ayant assisté à la scène soulève des doutes sur l’impartialité de la procédure.
« Nous sommes préoccupés par les décisions passées et futures de l’accusation dans cette affaire », ont déclaré les avocats de la défense dans leurs documents. Ils ont également demandé au juge Tony Graf de confier l’affaire au bureau du procureur général de l’État, estimant qu’il est problématique pour les procureurs locaux de plaider leur propre impartialité.
Le procureur du comté de l’Utah, Richard Gray, a dénoncé cette demande comme une manœuvre dilatoire visant à retarder le procès. « Il s’agit d’une embuscade et d’une autre tactique pour gagner du temps », a-t-il affirmé.
Selon un affidavit soumis par les procureurs, la fille du procureur adjoint n’a pas vu la fusillade elle-même. Elle a simplement entendu un bruit fort et a vu des gens crier après avoir entendu les coups de feu. Elle a ensuite envoyé un message à sa famille indiquant que Charlie Kirk avait été touché.
Robert Church, directeur du Conseil des poursuites de l’Utah, a exprimé son scepticisme quant aux chances de succès de la défense. « Je parierais contre eux », a-t-il déclaré, soulignant qu’il est rare qu’un procureur soit disqualifié pour partialité et qu’il faudrait prouver un préjudice substantiel.
Les procureurs affirment disposer de preuves ADN reliant Robinson au meurtre. Ils ont également révélé que l’accusé aurait envoyé un message à sa partenaire sentimentale indiquant qu’il ciblait Kirk en raison de son « aversion pour sa haine ».
Par ailleurs, Astrid Tuminez, la présidente de l’Université d’Utah Valley, a annoncé son départ à la fin du semestre de mai, suite aux critiques concernant le manque de sécurité lors de l’événement. L’université prévoit d’augmenter ses effectifs de police et de renforcer la sécurité sur le campus.
Une audience préliminaire est prévue le 18 mai, au cours de laquelle les procureurs présenteront leur dossier contre Robinson.
