Home MondeL’accusé est jugé pour l’attentat mortel à la voiture-bélier à Munich

L’accusé est jugé pour l’attentat mortel à la voiture-bélier à Munich

by Clara Dubois

Munich est le théâtre d’un procès majeur : un homme est accusé d’avoir délibérément foncé avec sa voiture sur une foule en février 2025, tuant une mère et sa fillette de deux ans. L’acte, qui a fait de nombreux blessés, relance le débat sur l’immigration et la sécurité en Allemagne.

Le suspect, Farhad N., un Afghan de 25 ans, est resté silencieux lors de l’ouverture du procès vendredi. Vêtu d’une veste à capuche verte fourrée, il n’a fait aucune déclaration devant le tribunal.

Il est accusé de deux meurtres et de 44 tentatives de meurtre. Selon l’accusation, Farhad N. aurait agi sous l’influence de « motivations religieuses » et s’attendait à mourir dans l’attaque. Les faits se sont déroulés le 13 février 2025, alors qu’il a délibérément dirigé son véhicule sur un rassemblement syndical rassemblant environ 1 500 personnes dans les rues de Munich.

L’acte d’accusation précise que la voiture a parcouru 23 mètres avant de s’arrêter, bloquée par des personnes allongées devant et sous le véhicule. Une femme de 37 ans et sa fille ont été projetées sur une dizaine de mètres et ont succombé à leurs graves blessures crâniennes quelques jours plus tard.

Les procureurs affirment que Farhad N., né à Kaboul, était motivé par une « conviction religieuse excessive ». Après le drame, il aurait prononcé les mots « Allahou Akbar », signifiant « Dieu est le plus grand ». « Il se croyait obligé d’attaquer et de tuer des personnes choisies au hasard en Allemagne en réponse aux souffrances des musulmans dans les pays islamiques », ont-ils déclaré lors de son inculpation en août.

À ce stade, rien n’indique que Farhad N. ait été affilié à un groupe terroriste islamiste tel que l’État islamique.

Une expertise psychiatrique préliminaire a conclu à sa responsabilité pénale, mais le tribunal a indiqué que cette question pourrait être réexaminée au cours du procès, qui devrait durer jusqu’à fin juin. Un porte-parole du tribunal a révélé que le suspect avait présenté « certains comportements inhabituels » en détention provisoire, notamment un tic qui le fait secouer la tête.

Farhad N. est arrivé en Allemagne en 2016, alors qu’il était mineur non accompagné, après un long voyage terrestre au plus fort de la crise migratoire européenne. Sa demande d’asile a été rejetée, mais il a réussi à éviter l’expulsion, trouvant divers emplois et restant légalement dans le pays. La police a précisé qu’il travaillait dans le secteur de la sécurité et qu’il était assidu dans sa pratique sportive, notamment la musculation.

L’affaire intervient dans un contexte politique tendu. Le chancelier Friedrich Merz, arrivé au pouvoir en mai dernier, a promis de renforcer la lutte contre la criminalité liée à l’immigration et d’accélérer les expulsions des condamnés vers l’Afghanistan. En décembre dernier, l’Allemagne a également expulsé un homme vers la Syrie, une première depuis le début de la guerre civile en 2011.

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