Publié le 23 octobre 2024 à 16h04. L’Allemagne tente d’obtenir des garanties de Washington pour préserver le fonctionnement de trois raffineries pétrolières détenues par le groupe russe Rosneft, placées sous administration provisoire, alors que de nouvelles sanctions américaines pourraient entraver leur activité.
- Berlin cherche à s’assurer que les raffineries ne seront pas affectées par les nouvelles restrictions imposées par l’administration américaine.
- La raffinerie de Schwedt, dans le nord-est de l’Allemagne, est particulièrement concernée en raison de son importance stratégique pour l’approvisionnement du pays.
- Cette situation complexe s’ajoute aux difficultés économiques de l’Allemagne, déjà confrontée à des prix élevés de l’énergie et à une économie stagnante.
Le gouvernement allemand s’efforce d’obtenir des exemptions aux sanctions américaines visant Rosneft, qui possède toujours trois raffineries sur son territoire, actuellement sous tutelle publique. L’objectif est de garantir la continuité des opérations de ces installations, cruciales pour l’approvisionnement énergétique du pays.
La coalition gouvernementale allemande espère obtenir l’assurance que ces raffineries seront exemptées des restrictions annoncées mercredi par l’administration américaine. Ces mesures interdisent aux institutions financières et aux entreprises occidentales de réaliser des transactions avec les entités sanctionnées.
« Le gouvernement est en contact avec les autorités compétentes à Washington », a déclaré un porte-parole du ministère allemand de l’Économie. Berlin estime que les filiales de Rosneft en Allemagne devraient être exemptées de ces sanctions, étant donné qu’elles sont désormais « dissociées de leur société mère russe ».
L’Allemagne souligne également que le Royaume-Uni, qui a imposé des sanctions à Rosneft et Lukoil la semaine dernière, a accepté d’exempter les raffineries situées en Allemagne. Cette position britannique renforce l’argument de Berlin en faveur d’une approche différenciée.
La raffinerie PCK, située à Schwedt, est au cœur des préoccupations. Elle est située à proximité du pipeline Drouzhba, à environ 4 000 km de Moscou, et représente plus de 12 % de la capacité de raffinage allemande, ce qui en fait un acteur majeur de l’industrie pétrolière nationale.
Cette situation représente un défi supplémentaire pour le gouvernement allemand, qui peine à relancer une économie en difficulté, marquée par des prix de l’énergie élevés. Ces difficultés sont en partie liées aux décisions antérieures de fermer les centrales nucléaires et de s’appuyer sur les importations d’énergie russe à bas prix.
La question de la raffinerie PCK est également politiquement sensible. Elle est un employeur important dans le Land de Brandebourg, un ancien État de l’Est où le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) gagne du terrain.
En réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, le gouvernement allemand a placé la raffinerie de Schwedt, ainsi que deux autres filiales de Rosneft, sous la tutelle de la Bundesnetzagentur (BNA), l’agence fédérale de régulation des réseaux énergétiques. L’objectif était de protéger l’économie allemande d’un éventuel embargo sur le pétrole russe.
Rosneft conserve toutefois une participation de 54 % dans ces actifs. Depuis lors, la raffinerie de Schwedt, initialement conçue pour traiter le brut russe « Oural », riche en soufre, est alimentée en brut kazakh. Cependant, en l’absence d’investissements et de perspectives claires, ses opérations se détériorent progressivement.
L’État allemand, qui a choisi de ne pas nationaliser les actifs, doit renouveler tous les six mois la loi autorisant la tutelle. Il est toutefois incapable de réaliser les investissements nécessaires pour maintenir la production. Parallèlement, Rosneft se montre réticente à vendre sa participation, estimant que la valeur des actifs serait plus élevée si Berlin ne les avait pas placés sous tutelle.
Berlin a également pris le contrôle de Gazprom Germania, la filiale allemande de Gazprom, le géant gazier russe. Renommée SEFE, cette entreprise possède la plus importante installation de stockage de gaz d’Allemagne, à Rehden. Le gouvernement allemand a également dû renflouer Uniper, le plus grand importateur de gaz russe du pays, menacé de faillite en raison de la guerre en Ukraine.
Rosneft et le Trésor américain n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
Reportages supplémentaires d’Anastasia Stognei, Amy Mackinnon et David Sheppard
Sur le même sujet
- Scott Eastwood Révèle Un Conflit Avec Shia LaBeouf Sur le Tournage de Fury
- Microsoft Prévoit le Programme Disc to Digital pour Xbox en 2026
- Gianni Infantino va solliciter le soutien de l'administration Trump pour conserver son poste de président de la FIFA (lederniereheure.com)
- Udhayanidhi Stalin Visé par des Polémiques pour des Propos sur Trisha Krishnan (nouvelles-du-monde.com)
