Publié le 28 novembre 2023 05:04:00. Une étude révolutionnaire menée grâce au télescope spatial TESS révèle que l’amas d’étoiles des Pléiades est bien plus vaste qu’on ne le pensait, et pourrait être entouré de milliers d’étoiles sœurs jusqu’alors insoupçonnées.
- Le télescope spatial TESS a permis de découvrir que l’amas des Pléiades s’étend sur une zone trois fois plus grande que les estimations précédentes.
- Les chercheurs ont identifié une structure continue de plus de 3 000 étoiles, baptisée le complexe des Grandes Pléiades, s’étendant sur près de 1 900 années-lumière.
- Cette découverte remet en question les conceptions actuelles sur la formation et la dispersion des amas d’étoiles.
L’amas des Pléiades, également connu sous le nom de Messier 45, est un célèbre groupe d’étoiles visible à l’œil nu dans l’hémisphère nord pendant les mois d’hiver. Formé il y a environ 100 millions d’années à partir d’un nuage moléculaire dense, il fascine les observateurs du ciel et les cultures anciennes depuis des millénaires. Grâce aux données collectées par le télescope spatial TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) et d’autres observatoires à travers le monde, une équipe d’astronomes a mis au jour une réalité bien plus complexe que ce que l’on imaginait.
L’étude, basée sur l’analyse de la vitesse de rotation, de la composition chimique et des orbites des étoiles, a révélé une structure continue s’étendant bien au-delà des limites traditionnellement admises de l’amas. Les scientifiques ont ainsi nommé ce vaste ensemble d’étoiles le complexe des Grandes Pléiades. Cette découverte porte à plus de 3 000 le nombre d’étoiles associées aux Pléiades, triplant ainsi les estimations antérieures. On pensait auparavant que les étoiles étaient concentrées au centre de l’amas, mais les nouvelles données suggèrent qu’elles sont dispersées sur une zone beaucoup plus étendue.
L’équipe de recherche a initialement identifié plus de 10 000 étoiles potentiellement liées aux Pléiades en utilisant les données du télescope spatial Gaia de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui mesure le mouvement des étoiles autour de la Voie lactée. Ils ont ensuite affiné leurs analyses grâce aux données de TESS, en exploitant le fait que les étoiles d’âges similaires ont tendance à avoir des vitesses de rotation similaires. La NASA souligne que TESS est capable de mesurer les variations de luminosité des étoiles avec une précision remarquable, ce qui permet de suivre leur rotation.
L’analyse de la composition chimique des étoiles, réalisée à l’aide des données du Sloan Digital Sky Survey, a également confirmé l’appartenance de ces étoiles au même amas. Les étoiles au cœur des Pléiades présentent des concentrations spécifiques d’éléments tels que le magnésium et le silicium, les distinguant des étoiles environnantes. Les astronomes supposent que d’autres étoiles des Pléiades pourraient s’être formées dans la même région il y a environ 100 millions d’années, lors de la dispersion progressive des amas d’étoiles présents dans la nébuleuse d’Orion, sous l’influence de la gravité galactique et des explosions de supernovae.
L’équipe de recherche travaille actuellement sur le développement du TESS All-Sky Rotation Survey, une base de données qui compilera les vitesses de rotation de plus de 8 millions d’étoiles. Cet outil devrait permettre d’identifier d’autres amas d’étoiles dispersés et jusqu’alors inconnus, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur la formation et l’évolution des étoiles dans notre galaxie.

