Publié le 2 janvier 2026 à 07h54. En 2025, les métaux précieux ont largement surpassé les performances des marchés traditionnels, l’argent affichant une croissance spectaculaire tandis que les cryptomonnaies ont connu un recul notable.
- L’argent a enregistré une hausse impressionnante de 161 % en 2025, dépassant les 80 $ l’once.
- L’or a atteint des sommets historiques, progressant de 66 %, soutenu par les incertitudes économiques et géopolitiques.
- Le cuivre a également connu une forte augmentation de 44 %, alimentée par la demande croissante dans les secteurs de l’intelligence artificielle et des énergies renouvelables.
L’année 2025 a été marquée par une performance exceptionnelle des métaux précieux, contrastant fortement avec la baisse des cryptomonnaies. L’argent s’est particulièrement distingué, avec une augmentation de sa valeur de 161 %, franchissant pour la première fois la barre des 80 $ l’once. L’or, considéré comme une valeur refuge, a également enregistré une progression significative de 66 %, atteignant des niveaux record en raison des tensions économiques et géopolitiques mondiales. Le cuivre, de plus en plus considéré comme un métal stratégique, a vu son prix augmenter de 44 % (18,5 % au cours du dernier trimestre), atteignant un sommet historique de 12 960 $.
Cette hausse du cuivre s’explique par plusieurs facteurs, notamment la faiblesse du dollar américain, la demande accrue liée au développement de l’intelligence artificielle et des énergies renouvelables, ainsi que des perturbations dans la production minière. Certains analystes estiment même qu’il est temps de considérer le cuivre comme un métal précieux à part entière, à l’instar de l’argent, en raison de son rôle crucial dans les infrastructures technologiques modernes.
À l’inverse, le Bitcoin, principale cryptomonnaie, a terminé l’année 2025 avec une baisse de 2,5 % par rapport à son niveau de début janvier. Cette divergence de performance souligne l’attrait croissant des actifs tangibles en période d’incertitude.
Les perspectives pour les métaux précieux restent positives pour 2026, notamment dans un contexte de prévision de baisse des taux d’intérêt. Selon Tim Waterer, analyste de marché chez KCM Trade :
« La demande pour ce métal semble solide, tant du point de vue industriel que du point de vue du commerce de détail. L’argent a été au centre du marché mondial en 2025, alors que les prix des métaux étaient faibles et que le pétrole était à la traîne. Il a reçu un soutien supplémentaire de sa désignation comme minéral critique pour les États-Unis, des contraintes d’approvisionnement persistantes et de faibles stocks, tandis que les achats soutenus des banques centrales ont soutenu l’or. »
Jason Ying, analyste de BNP Paribas, partage ce point de vue :
« Nous continuerons à assister à une croissance des métaux précieux car bon nombre des risques de cette année subsistent jusqu’en 2026. »
D’autres métaux ont également bénéficié de cette tendance haussière. L’étain a enregistré une augmentation d’environ 40 % en raison des problèmes d’approvisionnement en provenance du Myanmar et des restrictions en Indonésie. L’aluminium a progressé de 17 %, soutenu par une capacité de production limitée en Chine et la demande croissante dans le secteur des technologies vertes.
En revanche, certains produits agricoles ont connu des difficultés. Le cacao, après une forte hausse en 2024 (augmentation de 178 % due à une mauvaise récolte en Afrique de l’Ouest), a chuté de 48 % en 2025 en raison d’une baisse de la demande et d’une augmentation de l’offre. Le sucre brut et le café Robusta ont également perdu environ un cinquième de leur valeur. Seul le soja a terminé l’année sur une note positive, grâce à la reprise des importations américaines en Chine suite à un apaisement des tensions commerciales.
Enfin, le blé et le maïs devraient connaître une baisse de leurs prix en raison d’une offre mondiale abondante. L’huile de palme malaisienne a diminué de 9 % en raison d’une production excédentaire, et le caoutchouc a également perdu 9 % de sa valeur.