Publié le 2025-12-11 00:04:00. L’Administration Technique des Forêts et de la Faune (ATFFS) de Tingo María a secouru 96 animaux sauvages en 2025, victimes de trafic, d’abandon ou d’accidents, soulignant le besoin urgent d’un centre de réhabilitation spécialisé dans la région de Huánuco.
- 96 animaux sauvages ont été pris en charge par l’ATFFS de Tingo María en 2025.
- Les primates juvéniles sont les espèces les plus fréquemment victimes de trafic, suivis des perroquets et des reptiles.
- L’absence d’un centre de réhabilitation à Huánuco oblige à transférer les animaux vers d’autres régions du Pérou.
L’année 2025 a été marquée par une intensification des efforts de l’ATFFS de Tingo María pour protéger la faune sauvage de la région. Selon la vétérinaire Yulisa López, responsable du secteur de la faune, 96 animaux ont bénéficié d’interventions diverses, allant de la saisie à la prise en charge de cas d’abandon ou d’accidents. Cette augmentation du nombre d’interventions témoigne d’une sensibilisation croissante de la population et d’une efficacité accrue des procédures.
La coordination avec le Parquet Spécialisé Environnemental (FEMA) et la Police Nationale a été essentielle pour mener à bien ces opérations, notamment lors de saisies où la résistance ou la sécurité du personnel étaient en jeu. Les postes de contrôle de Pumahuasi et de Tulumayo, situés sur les routes de transit de la faune sauvage provenant d’Ucayali et de San Martín, ont été des points névralgiques de ces actions.
Les primates juvéniles restent les animaux les plus touchés par le trafic illégal, en raison de leur popularité en tant qu’animaux de compagnie. L’ATFFS a également enregistré des saisies de perroquets, de toucanets et de reptiles tels que des anacondas et des boas, souvent utilisés dans des activités touristiques illégales. Un cas particulièrement tragique a nécessité l’euthanasie d’un fourmilier grièvement blessé suite à une attaque de riverains.
Face à l’absence d’un centre de réhabilitation spécialisé à Huánuco, l’ATFFS a dû transférer 45 animaux vers des refuges situés dans d’autres régions du pays, notamment le refuge Amazon et Hoja Nueva (Madre de Dios), le centre de sauvetage Lagunas (Alto Amazonas), Esperanza Verde (Ucayali) et le parc naturel de Pucallpa. Ces transferts ont été facilités par le soutien logistique de l’ONG UPA, d’une association zurichoise, de LATAM à travers des vols solidaires et de Móvil Bus.
Un cas emblématique illustre les défis rencontrés par l’ATFFS : un singe capucin présentant des lésions oculaires irréversibles. Après évaluation de l’ophtalmologiste spécialisée dans la faune, Michelle Fréon, il a été décidé de retirer les restes de la glande lacrymale. L’animal, incapable de retrouver son autonomie, restera en garde permanente à des fins éducatives.
L’ATFFS s’appuie également sur l’engagement de jeunes volontaires, formés et encadrés dans le cadre de programmes de sensibilisation. Un terrain mis à disposition par Jessy Luna est utilisé pour la quarantaine et l’observation des animaux, en vue de la création d’un zoo de type C, conforme à la réglementation en vigueur. Ce site accueille actuellement des espèces telles que des achuni, des faucons, des tortues terrestres, des taricayas, des perroquets et des toucanets.
L’ATFFS insiste sur la nécessité urgente de disposer d’un centre formel de sauvetage et de réhabilitation à Huánuco, compte tenu du flux constant d’animaux sauvages affectés par le trafic illégal.
« Sans faune, il n’y a pas de flore et sans flore, il n’y a pas de faune ; c’est une responsabilité partagée »
Yulisa López, vétérinaire et responsable du secteur de la faune à l’ATFFS
L’institution rappelle que la possession d’animaux sauvages est une infraction qui perturbe l’équilibre écologique et nuit au bien-être animal. Elle exhorte les citoyens à signaler tout cas suspect aux autorités compétentes et à renoncer à l’achat, à la capture ou à la détention d’animaux sauvages.
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