Publié le 6 janvier 2024 08h03:00. L’Inter Milan a dominé Bologne (3-1) en championnat, s’appuyant sur une attaque performante et une entente exceptionnelle entre Lautaro Martínez et Marcus Thuram, une dynamique qui rappelle les grands duos d’attaquants de l’histoire du football italien.
- L’Inter a démontré une supériorité technique évidente face à Bologne, notamment grâce à la performance de son duo d’attaque.
- Lautaro Martínez et Marcus Thuram ont touché un nombre considérable de ballons (41 et 48 respectivement), devenant des points d’appui essentiels pour déstabiliser la défense adverse.
- L’Inter est la seule équipe du haut de tableau de Serie A à aligner systématiquement deux attaquants, une stratégie qui porte ses fruits.
Moins d’un mois après leur confrontation en Supercoupe d’Italie, l’Inter Milan et Bologne se sont retrouvés sur la pelouse de San Siro dans un match crucial pour leurs ambitions respectives en championnat. Si la Supercoupe s’était soldée par une victoire de l’Inter aux tirs au but, la rencontre de ce week-end a révélé un déséquilibre plus marqué entre les deux équipes, les Nerazzurri affichant une nette domination.
Le match a illustré la supériorité du jeu fluide de l’Inter face au marquage individuel rigoureux de Bologne. Cependant, la clé du succès milanais réside avant tout dans la performance du duo d’attaque composé de Lautaro Martínez et Marcus Thuram. Leur entente, à la fois technique et émotionnelle, évoque les grandes paires d’attaquants qui ont marqué l’histoire du football italien : Pulici-Graziani, Del Piero-Inzaghi, Vialli-Mancini, pour ne citer que quelques exemples.
Dans un contexte où de nombreux clubs privilégient désormais un seul attaquant central, soutenu par des ailiers ou des milieux offensifs, l’Inter se distingue en Serie A comme la seule équipe de premier plan à aligner deux attaquants de manière systématique. Contre Bologne, Thuram et Lautaro ont agi comme un véritable duo, se complétant et se rendant capables d’évoluer en tant que premier ou second attaquant, à l’image de Vialli et Mancini à leur époque.
Pour déstabiliser le système défensif rigide mis en place par l’entraîneur de Bologne, Thiago Motta, Lautaro et Thuram ont servi de points d’appui pour affiner les actions dans les trente derniers mètres. Les statistiques le confirment : Thuram a touché 48 ballons, tandis que Lautaro en a touché 41. À titre de comparaison, l’Argentin a reçu autant de passes qu’un milieu de terrain comme Nicolò Barella et trois de plus que Piotr Zieliński. Cette dépendance aux mouvements et aux combinaisons des deux attaquants, combinée à une construction de jeu propre, a fini par déstabiliser les mécanismes défensifs de Bologne.
Les difficultés rencontrées par les défenseurs centraux de Bologne, Torbjørn Heggem et Jhon Lucumí, face aux attaquants de l’Inter, ont également contribué à la réussite milanaise. La qualité des combinaisons entre Lautaro et Thuram a donné plus de substance à la possession de balle de l’Inter, permettant à l’équipe de créer de nombreuses occasions de but. Dès les dix premières minutes, le gardien de Bologne, Federico Ravaglia, a dû effectuer plusieurs arrêts décisifs.
L’analyse du Post-shot xG (PSxG), qui mesure le nombre de buts évités par un gardien en fonction de la qualité des tirs, révèle que Ravaglia a sauvé 3,1 buts, ce qui suggère que le score final de 3-1 aurait pu être encore plus large en faveur de l’Inter.
Malgré une soirée positive, l’Inter a manqué d’efficacité dans la finition, un problème récurrent cette saison. Les Nerazzurri sous-performent leur xG de près de deux buts, selon les données de Understat. Deux des trois buts marqués par l’Inter sont d’ailleurs issus de coups de pied de coin, une arme qui s’avère particulièrement efficace pour l’équipe milanaise, avec huit buts marqués de la tête cette saison, un record en Serie A.
Pour Bologne, ce match à San Siro représente un test de maturité qui n’a pas été relevé. L’équipe d’Italiano a tenté de mettre en œuvre son jeu habituel, basé sur le pressing, mais sans succès. Le faible nombre de centres (seulement 10) ne témoigne pas d’un changement de stratégie, mais plutôt des difficultés de Bologne à établir la possession dans la moitié de terrain adverse.
La verticalité habituellement proposée par Bologne n’a pas été aussi efficace que d’habitude, les ballons lancés vers l’avant étant systématiquement renvoyés par la défense de l’Inter. L’équipe émilienne a tenté de presser haut, mais sans parvenir à créer des espaces dans la défense adverse.
En résumé, Bologne a joué avec ses armes habituelles, mais s’est heurté à un adversaire qui a su trouver la clé pour neutraliser son jeu, en affichant une intensité et une qualité technique supérieures, notamment grâce à ses deux attaquants vedettes.
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