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L’avocat d’un homme du Michigan lié à une enquête du FBI conteste les allégations de complot terroriste | National

Publié le 2 novembre 2025 à 02:04:00. L'arrestation et l'interrogatoire de plusieurs jeunes hommes dans la région de Détroit par le FBI, présentés initialement comme une cellule terroriste déjouée, sont contestés par leur avocat qui dénonce une réaction…

L’avocat d’un homme du Michigan lié à une enquête du FBI conteste les allégations de complot terroriste | National

Publié le 2 novembre 2025 à 02:04:00. L’arrestation et l’interrogatoire de plusieurs jeunes hommes dans la région de Détroit par le FBI, présentés initialement comme une cellule terroriste déjouée, sont contestés par leur avocat qui dénonce une réaction excessive et prématurée des autorités fédérales.

  • Cinq jeunes hommes, âgés de 16 à 20 ans et tous citoyens américains, ont été interrogés par le FBI.
  • Aucune accusation criminelle fédérale n’a été portée à ce jour.
  • L’avocat des jeunes hommes affirme qu’il n’y a aucune preuve d’un complot terroriste ou d’actes illégaux.

L’avocat Amir Makled a dénoncé ce samedi une gestion de l’enquête jugée excessive par le gouvernement fédéral, après les perquisitions menées vendredi par le FBI dans plusieurs domiciles de Dearborn et Inkster, dans la région métropolitaine de Détroit. Ces opérations, menées par un groupe de travail conjoint du FBI sur le terrorisme, avaient initialement été présentées comme le déjouement d’un complot violent lié au terrorisme international, notamment par Kash Patel, un haut responsable du FBI.

Selon Makled, les cinq jeunes hommes interrogés n’ont fait l’objet d’aucune accusation. Deux adultes sont toujours retenus par les autorités. L’avocat insiste sur le fait que ses clients, tous citoyens américains, n’ont commis aucun acte illégal. Il suggère qu’ils ont pu consulter des sites web ou participer à des forums de discussion en ligne qu’ils n’auraient pas dû fréquenter, mais sans pour autant franchir la ligne rouge de l’illégalité.

« Ce n’est pas une cellule terroriste. À ma connaissance, il n’y a jamais eu d’événement faisant de nombreuses victimes ni de complot terroriste d’aucune sorte. »

Amir Makled, avocat

Contacté, le bureau du procureur américain de Détroit n’a pas souhaité commenter l’affaire. Jordan Hall, porte-parole du FBI, s’est également abstenu de tout commentaire.

Les déclarations de l’avocat contrastent fortement avec les premières communications des autorités fédérales. Kash Patel avait notamment annoncé sur X (anciennement Twitter) que le FBI avait déjoué une attaque terroriste potentielle prévue pendant le week-end d’Halloween. Il avait également souligné que cette action rapide avait permis d’éviter une situation potentiellement tragique.

Dans un communiqué, Patel avait affirmé :

« Grâce à une action rapide et à une coordination étroite avec nos partenaires locaux, un acte terroriste potentiel a été stoppé avant qu’il ne puisse se produire. La vigilance du FBI a permis d’éviter ce qui aurait pu être une attaque tragique – et grâce à leur dévouement, le Michigan passera un Halloween heureux et en toute sécurité. »

Kash Patel, directeur du FBI

Sebastian Gorka, ancien conseiller à la lutte contre le terrorisme à la Maison Blanche, avait quant à lui qualifié le prétendu complot de « complot terroriste djihadiste à Détroit programmé pour Halloween, lorsque des enfants innocents devraient s’amuser. »

Makled estime que ces déclarations hâtives provenant de Washington sont prématurées et potentiellement nuisibles. Il souligne que la région de Détroit abrite l’une des plus importantes communautés arabes et moyen-orientales des États-Unis, et que Dearborn est la plus grande ville américaine à majorité arabe. Il craint que de tels commentaires ne créent une atmosphère d’hystérie et de suspicion à l’égard de cette communauté.

« Les effets d’entraînement négatifs des gros titres ou des commentaires de Washington qui ne prennent pas en considération ce que vit notre communauté doivent être traités. »

Amir Makled, avocat

L’avocat insiste sur la coopération totale de ses clients avec les enquêteurs, soulignant qu’ils ont volontairement fourni des déclarations et autorisé la fouille de leurs appareils électroniques. Il attend désormais de voir si des accusations seront finalement portées, estimant que la pression exercée par Washington pourrait influencer la décision du bureau du procureur américain local.

Makled précise que le gouvernement n’a fourni aucun détail concret sur l’enquête, ce qui, selon lui, témoigne de l’absence de preuves substantielles. Il rappelle qu’il n’est pas illégal de s’intéresser aux événements mondiaux ou de participer à des discussions en ligne, à moins que cela ne conduise à une radicalisation ou à une incitation à commettre des actes illégaux.

L’affaire rappelle des précédents où des affaires fédérales de terrorisme dans la région de Détroit se sont soldées par un échec. En 2003, des condamnations prononcées contre des hommes accusés d’appartenir à une cellule terroriste dormante avaient été annulées un an plus tard, suite à une enquête du ministère de la Justice qui avait révélé des preuves falsifiées et dissimulées par un procureur fédéral. Richard Convertino, l’ancien procureur adjoint américain impliqué, avait été inculpé mais acquitté en 2007.

(Le rédacteur Louis Aguilar a contribué.)

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.