Publié le 17 janvier 2026 à 07h13. Plus de 3 000 personnes auraient perdu la vie dans les manifestations qui secouent l’Iran depuis fin décembre, tandis que le pays connaît une reprise très limitée de l’accès à Internet après une coupure de huit jours.
- Plus de 3 000 décès liés aux manifestations ont été recensés, selon le groupe de défense des droits de l’homme HRANA.
- Une faible reprise de la connectivité Internet a été observée après une interruption de 200 heures.
- Le président américain Donald Trump a salué l’annulation, selon lui, de pendaisons massives prévues en Iran.
La répression des manifestations en Iran s’intensifie, avec un bilan provisoire qui dépasse les 3 000 morts, selon le groupe HRANA (Human Rights Activists in Iran), basé aux États-Unis. L’organisation a vérifié le décès de 3 090 personnes, dont 2 885 manifestants, après avoir recueilli des témoignages sur le terrain. Les autorités iraniennes ont, de leur côté, annoncé de nouvelles arrestations, signalant une tentative de rétablir l’ordre après des semaines de troubles.
Téhéran, la capitale, semble connaître une accalmie relative depuis quatre jours, selon des témoignages recueillis par Reuters. Des drones survolent la ville, mais aucune manifestation de grande ampleur n’a été signalée jeudi ou vendredi. Les habitants, craignant pour leur sécurité, ont demandé à ne pas être identifiés.
Un habitant d’une ville située au nord de la mer Caspienne a également fait état d’un calme apparent dans sa région.
Les protestations ont débuté le 28 décembre, initialement motivées par les difficultés économiques que traverse le pays. Elles se sont rapidement transformées en un mouvement de contestation généralisée appelant à la fin du régime religieux en place. La semaine dernière, les violences ont atteint un point culminant, faisant craindre une escalade de la situation.
Selon des sources d’opposition et un responsable iranien, le nombre de morts pourrait dépasser les 2 000, ce qui ferait de ces troubles les plus graves que l’Iran ait connus depuis la révolution islamique de 1979.
Concernant l’accès à Internet, le groupe de surveillance NetBlocks a signalé une « très légère augmentation » de la connectivité ce samedi matin, après une interruption de 200 heures. Cependant, la connectivité reste à environ 2 % des niveaux habituels, selon NetBlocks. Certains Iraniens vivant à l’étranger ont affirmé avoir pu envoyer des messages à leurs proches en Iran samedi matin.
Le président américain Donald Trump, qui avait menacé de réagir avec fermeté si l’Iran exécutait des manifestants, a déclaré que les autorités iraniennes avaient renoncé à procéder à des exécutions massives. Il a publié un message sur les réseaux sociaux exprimant sa satisfaction : « Je respecte grandement le fait que toutes les pendaisons prévues hier (plus de 800 d’entre elles) ont été annulées par les dirigeants iraniens. Merci ! ». L’Iran n’a ni confirmé de tels projets d’exécution, ni annoncé leur annulation.
Des étudiants indiens et des pèlerins revenant d’Iran ont témoigné d’un confinement important pendant leur séjour, avec des difficultés à communiquer avec leurs familles. Z Syeda, étudiante en troisième année de médecine à Téhéran, a raconté : « Nous n’avons entendu que des histoires de manifestations violentes, et un homme a sauté devant notre voiture en tenant un bâton enflammé, criant quelque chose dans la langue locale, avec la colère visible dans ses yeux ». Le ministère indien des Affaires étrangères a indiqué vendredi que des vols commerciaux étaient disponibles et que New Delhi prendrait les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et le bien-être de ses ressortissants en Iran.
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