Publié le 13 janvier 2026 à 11h21. Le Brésil a atteint son quota d’exportation de bœuf aux États-Unis de manière record, ce qui entraînera l’application de droits de douane plus élevés sur ses produits et pourrait accentuer les tensions sur le marché américain, déjà confronté à une baisse de ses stocks.
- Le Brésil a épuisé son quota d’accès en franchise de droits de douane aux États-Unis pour 2026 dès le 6 janvier.
- La réduction du quota « Autres pays » par les États-Unis, au profit du Royaume-Uni, a accéléré ce processus.
- Les États-Unis connaissent une diminution significative de leurs stocks de bœuf, exacerbée par une baisse des placements et des mises en marché dans les parcs d’engraissement.
L’épuisement rapide du quota américain pour le bœuf brésilien intervient dans un contexte de tensions commerciales et de pénurie de viande aux États-Unis. Le quota alloué aux « Autres pays », dont le Brésil fait partie, s’élevait à 65 000 tonnes (environ 143,3 millions de livres). Cependant, une décision surprise de l’administration Trump la semaine dernière a réduit ce quota de 13 000 tonnes (environ 28,7 millions de livres) pour l’accorder au Royaume-Uni, en échange d’un accès réciproque au marché britannique pour le bœuf américain. Cette mesure a ramené le quota disponible pour le Brésil et d’autres pays à seulement 52 000 tonnes (environ 114,6 millions de livres), précipitant ainsi son épuisement.
Dès le 6 janvier, le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a confirmé que le Brésil avait atteint son quota. Désormais, les exportations de bœuf brésilien vers les États-Unis seront soumises à des droits de douane hors quota de 26,4 %, ce qui les rendra moins compétitives face à des fournisseurs comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Certains exportateurs et importateurs avaient anticipé cette situation en stockant du bœuf brésilien dans des entrepôts frigorifiques aux États-Unis, dans l’espoir de bénéficier encore un peu de l’exonération tarifaire, mais cette stratégie n’a fait que retarder l’inévitable.
La situation est d’autant plus préoccupante pour les États-Unis que le pays est confronté à une baisse de ses stocks de bœuf. Selon Derrell Peel, commentateur des marchés de la viande et du bétail à l’Université d’État d’Oklahoma, le rapport de décembre de l’USDA sur les bovins fourragers a révélé un inventaire de parcs d’engraissement de 11,727 millions de têtes, en baisse de 2,1 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit du plus petit inventaire de décembre depuis 2017. Les placements dans les parcs d’engraissement ont également diminué de 11,2 % en novembre, et les mises en marché de 11,8 % sur la même période. Les données complètes de l’USDA montrent une tendance à la baisse des stocks depuis plus d’un an.
Sans accord de libre-échange avec les États-Unis, l’accès au marché américain reste limité pour le Brésil. À titre de comparaison, l’Australie bénéficie d’un quota bilatéral de libre-échange de 378 214 tonnes (environ 835,7 millions de livres) pour cette année, dont seulement 10 660 tonnes (environ 23,5 millions de livres) avaient été utilisées au 12 janvier. Le Brésil avait atteint son quota 2025 le 17 janvier dernier, en 2024 le 17 mars et en 2023 en mai, démontrant une accélération de la tendance à l’épuisement des quotas.
Les prochains mois s’annoncent donc critiques pour le marché mondial de la viande bovine, avec des quotas et des tarifs douaniers qui continueront d’exercer une influence significative sur les échanges commerciaux.
Sur le même sujet
