Alain Aspect, prix Nobel de physique et cofondateur de Pasqal en 2019, a pris fin août la présidence du conseil d’administration de l’entreprise cotée à la Bourse de New York. Cette introduction sur le Nasdaq a doté le pionnier français de l’ordinateur quantique d’une assise financière solide de 360 millions de dollars de trésorerie.
À 79 ans, le prix Nobel de physique Alain Aspect prend la présidence non exécutive de la société Pasqal à un moment charnière de son histoire industrielle. La réussite de cette entreprise est indissociable de son parcours de cofondateur en 2019, ses travaux historiques sur l’intrication quantique ayant ouvert la voie au traitement de l’information quantique exploité aujourd’hui par la jeune pousse française.
Une introduction fulgurante au Nasdaq et un financement massif
L’action a grimpé rapidement jusqu’à 73 % lors de sa première journée sur le Nasdaq, le vendredi 28 août, avant de ramener sa progression à environ 40 %. Cette cotation a été rendue possible par une fusion avec Bleichroeder Acquisition Corp II, propulsant l’entreprise tricolore dans une nouvelle dimension boursière avec une valorisation frôlant les deux milliards de dollars.
Cette opération financière majeure dote la structure cotée d’une trésorerie disponible d’environ 360 millions de dollars à la clôture. Ce pactole vise à accélérer le déploiement mondial de sa plateforme, à soutenir l’innovation continue et à renforcer l’adoption commerciale à l’échelle internationale. L’exercice précédent s’était soldé par un chiffre d’affaires de 16,5 millions d’euros, soit l’équivalent de 19,15 millions de dollars, alors que la structure demeurait déficitaire.
Technologie des atomes neutres et production industrielle
L’architecture technologique de Pasqal repose sur des processeurs quantiques basés sur des atomes neutres, piégés et manipulés par des faisceaux laser pour former des qubits, l’unité de traitement de l’information. L’entreprise compte déjà plusieurs contrats commerciaux d’envergure, notamment avec Saudi Aramco. Ses installations situées en France et au Canada affirment une capacité de production pouvant atteindre jusqu’à 13 machines par an.

Cette cadence industrielle permet de déployer sept ordinateurs quantiques, dont quatre au sein de centres nationaux de calcul répartis en France, en Italie, au Canada et en Allemagne. Si des défis liés à la fiabilité restreignent encore une adoption à très grande échelle, les processeurs quantiques entrevoient des applications concrètes dans des secteurs stratégiques comme la science des matériaux, la finance et la découverte de molécules thérapeutiques.