Publié le 12 décembre 2023 08:15:00. Les autorités européennes ont mené un raid surprise au siège européen de Temu, la plateforme de commerce en ligne à succès, dans le cadre d’une enquête sur d’éventuelles subventions illégales d’État chinois. Cette opération s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes concernant les importations à bas prix en provenance de Chine.
- Le siège européen de Temu à Dublin a été perquisitionné par les régulateurs européens.
- L’enquête porte sur le possible bénéfice de subventions d’État chinoises à Temu, filiale du géant PDD Holdings.
- L’Union européenne envisage de supprimer une exonération douanière pour les colis de moins de 150 € (environ 160 dollars américains).
La Commission européenne a confirmé avoir procédé à une inspection inopinée dans les locaux d’une entreprise du secteur du commerce électronique, sans toutefois révéler son nom ni le lieu exact du raid. Un porte-parole de la Commission a simplement indiqué que l’opération s’inscrit dans le cadre du Règlement sur les subventions étrangères (FSR), qui vise à lutter contre les aides publiques déloyales accordées aux entreprises non européennes. Ce règlement permet à la Commission d’imposer des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires annuel cumulé d’une entreprise en cas de non-conformité.
Temu, lancée en Europe en avril 2023, a rapidement conquis plus de 116 millions d’utilisateurs mensuels grâce à ses prix défiant toute concurrence sur une large gamme de produits, des smartphones aux vêtements. Son succès a même incité Amazon à lancer une offre concurrente, « Amazon Haul ». La plateforme, qui se positionne avec le slogan « Achetez comme un milliardaire », a contribué à une augmentation significative des importations en provenance de Chine, notamment grâce à l’exonération douanière pour les colis de faible valeur.
Cette exonération, qui concerne les colis d’une valeur inférieure à 150 € (environ 160 dollars américains), est de plus en plus critiquée par les détaillants européens, qui estiment qu’elle confère un avantage injuste à des plateformes comme Temu et Shein. L’exécutif européen prévoit de la supprimer d’ici la fin de l’année prochaine, une décision qui pourrait avoir un impact significatif sur le commerce en ligne transfrontalier.
Les perquisitions menées par les régulateurs européens interviennent généralement lorsqu’ils disposent d’éléments concrets suggérant des infractions, qu’ils soient issus de dénonciations ou de leurs propres investigations. Elles peuvent inciter les entreprises à proposer des concessions ou à coopérer afin d’atténuer les sanctions financières.
Ce n’est pas la première fois que Temu se retrouve dans le viseur des autorités européennes. La Commission avait déjà ouvert une enquête l’année dernière sur la plateforme en vertu de la loi sur les services numériques, qui encadre les activités des plateformes en ligne. En juillet, des conclusions préliminaires avaient révélé que Temu ne faisait pas suffisamment pour empêcher la vente de produits illégaux sur sa plateforme.
Les subventions étrangères peuvent prendre diverses formes, notamment des prêts à taux zéro, des allégements fiscaux ou des traitements fiscaux préférentiels. L’excédent commercial de la Chine a dépassé les 1 000 milliards de dollars pour la première fois en novembre, en partie grâce à une réorientation des exportations vers des marchés autres que les États-Unis, alimentant ainsi une forte hausse des ventes vers l’Europe, l’Australie et l’Asie du Sud-Est.