Publié le 17 janvier 2024 à 10h29. L’Ouganda est en état de tension après une élection présidentielle contestée, marquée par des accusations de fraude et l’arrestation potentielle du principal candidat de l’opposition, Bobi Wine.
L’armée ougandaise a pris d’assaut le domicile de Bobi Wine, chef de l’opposition, ce vendredi, selon des informations provenant de son parti, la Plateforme d’unité nationale. Des informations non confirmées font état de son arrestation.
Jeudi, l’Ouganda s’est rendu aux urnes pour une élection présidentielle dont les résultats ont été contestés par Bobi Wine. Le président sortant, Yoweri Museveni, 81 ans, a été déclaré vainqueur avec 74 % des voix, contre 23 % pour son principal adversaire.
Bobi Wine, dont le nom complet est Robert Kyagulanyi Ssentamu, a dénoncé ces résultats comme étant frauduleux. Sur le réseau social X, il a affirmé que les militaires avaient encerclé sa résidence, franchi sa clôture et pénétré sur sa propriété.
« Ma maison est toujours assiégée. Personne n’est autorisé à entrer ou à sortir. »
Bobi Wine, chef de l’opposition ougandaise
Selon les premières informations, Bobi Wine aurait été emmené par hélicoptère militaire. La BBC, citant des sources au sein du parti, rapporte cette information, qui n’a toutefois pas été confirmée par les autorités. Le fils de Bobi Wine a déclaré que son père et sa mère avaient été appréhendés. Un porte-parole de la police ougandaise a cependant nié ces informations, affirmant à une chaîne de télévision locale que Bobi Wine n’avait pas été arrêté.
Le fils de Bobi Wine a publié un message sur X indiquant qu’il ne pouvait pas confirmer avec certitude l’arrestation de ses parents. Il a précisé que des hommes armés se trouvaient actuellement dans leur propriété, causant des dégâts et fouillant les lieux.
Yoweri Museveni est au pouvoir en Ouganda depuis 40 ans, ce qui en fait le plus ancien président africain en exercice. Il a pris le pouvoir en 1986 après une guerre civile sanglante, connue sous le nom de « guerre de brousse ».
Dans une interview accordée à Sky News, le président Museveni a justifié la coupure d’Internet, intervenue avant le jour du scrutin, en la comparant à un « barrage routier ». Il a déclaré que cette mesure visait à lutter contre les criminels qui cherchaient à utiliser l’infrastructure numérique pour déstabiliser le pays.
« C’est nous qui avons construit Internet. La fermeture vise à lutter contre les criminels qui veulent utiliser cette infrastructure pour déstabiliser notre pays. »
Yoweri Museveni, président de l’Ouganda
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