Publié le 16 novembre 2023 14:52. Le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande, Gabriel Makhlouf, a mis en garde contre un risque de correction boursière, soulignant une déconnexion entre l’optimisme des marchés et les incertitudes économiques persistantes. Il a également insisté sur la bonne santé financière des ménages et entreprises irlandais, malgré les turbulences internationales.
- Gabriel Makhlouf alerte sur une possible correction des marchés boursiers, notamment en raison de valorisations élevées tirées par les valeurs technologiques américaines.
- La Banque centrale maintient ses règles prudentielles en matière de prêts hypothécaires, estimant qu’elles ont contribué à réduire les défauts de paiement.
- L’institution surveille les risques liés aux fonds spéculatifs et à la vente de la banque PTSB.
Dans sa dernière revue de la stabilité financière, la Banque centrale d’Irlande tire la sonnette d’alarme concernant les valorisations boursières internationales. Selon Gabriel Makhlouf, ces dernières sont particulièrement gonflées par les actions américaines liées à la technologie et à l’intelligence artificielle. Il observe une « déconnexion entre des niveaux élevés d’incertitude économique et des valorisations boursières tendues », ce qui pourrait conduire à un retournement de situation.
M. Makhlouf a également exprimé son inquiétude face aux faillites récentes aux États-Unis, qui mettent en lumière des questions sur les pratiques de prêt des établissements financiers non bancaires. Il a par ailleurs mis en garde les pays fortement endettés, qui bénéficient actuellement de taux d’intérêt bas, soulignant que tout changement de sentiment pourrait entraîner des difficultés budgétaires imprévues.
« Un changement soudain de sentiment pourrait conduire à des corrections budgétaires imprévues et à une perturbation plus large du marché. »
Gabriel Makhlouf, gouverneur de la Banque centrale d’Irlande
Malgré ces préoccupations, le gouverneur de la Banque centrale se veut rassurant quant à la situation en Irlande. Il souligne que les ménages et les entreprises irlandais disposent toujours de bilans relativement solides, ce qui leur permettrait de faire face à un scénario économique défavorable. « Même dans un scénario défavorable, le nombre d’entreprises en difficulté financière ou de ménages qui seraient incapables de rembourser leurs dettes serait contenu », a-t-il affirmé.
La Banque centrale a par ailleurs décidé de maintenir les règles prudentielles en vigueur depuis dix ans en matière de prêts hypothécaires. Ces règles, selon M. Makhlouf, ont permis de « réduire » les arriérés hypothécaires.
En matière de politique économique, la Banque centrale a souligné l’importance de maintenir la croissance économique en Irlande. M. Makhlouf a indiqué avoir écrit au ministre des Finances, Paschal Donohoe, au sujet des infrastructures irlandaises. L’institution a également noté que la clarification des tarifs douaniers avait entraîné une « légère amélioration des perspectives mondiales », mais a précisé que cette amélioration dépendait du maintien des accords commerciaux actuels.
Enfin, la Banque centrale a annoncé qu’elle analysait les risques liés à la stabilité financière posés par les fonds spéculatifs irlandais. Le vice-gouverneur, Vasileios Madouros, a précisé que les régulateurs étaient en train d’évaluer « les vulnérabilités potentielles et la manière dont elles étaient gérées ». Concernant la vente de la banque PTSB, M. Makhlouf a déclaré qu’il ne verrait aucun inconvénient à ce qu’elle soit rachetée par une entreprise qui n’est pas une banque, tout en refusant de commenter les discussions en cours avec le gouvernement, qui détient actuellement 57% de la banque.
Sur le front des taux d’intérêt, le gouverneur s’est dit « très à l’aise avec où nous en sommes », tout en reconnaissant l’incertitude ambiante qui nécessite une approche « réunion par réunion ».
La Revue de la stabilité financière de la Banque centrale, publiée semestriellement, est un document clé pour comprendre les risques et les vulnérabilités du système financier irlandais.