Home MondeLe chef de Roche exhorte la Suisse à payer davantage pour les nouveaux médicaments après l’accord avec les États-Unis

Le chef de Roche exhorte la Suisse à payer davantage pour les nouveaux médicaments après l’accord avec les États-Unis

by Clara Dubois

Le géant pharmaceutique Roche appelle la Suisse à revoir sa politique de prix des médicaments, sous peine de conséquences importantes pour son industrie et son économie. Le directeur général du groupe estime que la Suisse doit s’aligner sur les prix pratiqués aux États-Unis, notamment pour les nouveaux traitements.

Dans un entretien publié dimanche par le groupe Tamedia, Thomas Schinecker a souligné que la Suisse est particulièrement concernée par les efforts du président américain Donald Trump visant à réduire les coûts des médicaments. Genentech, la filiale américaine de Roche, figure parmi les 14 entreprises pharmaceutiques qui se sont engagées à coopérer avec l’administration Trump, après avoir reçu une missive menaçant de lourds droits de douane en cas de refus.

Genentech a accepté vendredi de s’engager sur le principe du « prix de la nation la plus favorisée », c’est-à-dire d’aligner ses prix sur le tarif le plus bas proposé dans d’autres pays développés, dont la Suisse. Selon M. Schinecker, Washington souhaite désormais que huit pays riches – Danemark, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Japon, Canada et Suisse – harmonisent leurs prix pour les médicaments récemment commercialisés.

« Pour les pays ayant un PIB par habitant supérieur aux États-Unis, comme la Suisse, cela se traduirait par des prix plus élevés », a-t-il précisé. Il a toutefois indiqué que ces augmentations ne concerneraient pas les médicaments déjà disponibles sur le marché.

Le dirigeant de Roche a mis en garde contre les conséquences d’un refus de la Suisse de s’adapter à ce nouveau système. Il a souligné que l’industrie pharmaceutique représente 10 % du produit intérieur brut suisse et génère 4 milliards de francs suisses (environ 5 milliards de dollars) de recettes fiscales par an, un montant supérieur aux dépenses du pays en médicaments innovants.

« Si la Suisse ne réforme pas son système de tarification, Roche générera moins de revenus, investira moins dans la recherche de pointe, paiera moins d’impôts et créera moins d’emplois en Suisse », a-t-il averti, rappelant que le groupe employait plus de 15 000 personnes dans le pays.

Par ailleurs, la Suisse et les États-Unis sont actuellement en négociation pour réduire les droits de douane imposés par l’administration Trump, qui atteignent actuellement 39 % – parmi les plus élevés de son arsenal tarifaire – à 15 %. M. Schinecker estime qu’il est presque certain que la question des prix des médicaments sera intégrée à ces discussions, qui doivent aboutir d’ici la fin du mois de mars.

Roche a annoncé plus tôt cette année son intention d’investir 50 milliards de dollars américains sur les cinq prochaines années aux États-Unis, en réponse à la menace de droits de douane. M. Schinecker a affirmé que son entreprise avait des « plans concrets » pour ces investissements, représentant environ 50 % de son potentiel d’investissement global sur la période, soit l’équivalent de sa part des revenus générés aux États-Unis.

« L’administration américaine souhaite que les prix des médicaments récemment commercialisés soient à l’avenir harmonisés dans huit pays : Danemark, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Japon, Canada et Suisse », a-t-il déclaré.

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