Publié le 1er novembre 2025 à 18h56. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a dénoncé ce samedi une escalade des actions chinoises déstabilisatrices en mer de Chine méridionale, tout en proposant un renforcement de la coopération technologique avec les pays d’Asie du Sud-Est pour contrer l’influence de Pékin.
- Pete Hegseth accuse la Chine d’actions déstabilisatrices en mer de Chine méridionale.
- Les États-Unis proposent un système de surveillance maritime partagé avec les pays de l’ASEAN.
- La visite de Hegseth intervient après une patrouille conjointe dans la zone contestée et sur fond de tensions internationales liées aux essais nucléaires américains.
Kuala Lumpur – Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a exprimé sa vive préoccupation face à ce qu’il considère comme une augmentation des activités chinoises perturbatrices en mer de Chine méridionale. S’exprimant lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) à Kuala Lumpur, il a réaffirmé l’engagement des États-Unis à soutenir ses alliés régionaux face aux pressions de Pékin.
Au cours de sa deuxième journée de rencontres diplomatiques en Malaisie, Hegseth a également tenu des discussions avec des représentants de l’Australie, du Japon et des Philippines. Il a présenté aux ministres de l’ASEAN une proposition visant à développer un système de surveillance maritime collaboratif, destiné à améliorer la connaissance de la situation en mer et à faciliter une réponse coordonnée aux incidents. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes liées aux revendications territoriales chinoises dans la région.
Selon des sources proches des discussions, Hegseth a souligné que les actions de la Chine, tant en mer de Chine méridionale qu’ailleurs, constituent une source d’inquiétude commune. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de réponse collective grâce à des outils de surveillance et des technologies de pointe, afin de garantir que les pays concernés ne se sentent pas isolés face à l’agression ou à la provocation.
« Personne ne peut innover et évoluer comme les États-Unis d’Amérique, et nous sommes impatients de partager ces capacités avec nos alliés et partenaires. »
Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense
Cette prise de position intervient après une patrouille navale conjointe menée par les forces armées de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, des Philippines et des États-Unis dans les eaux contestées. La Chine a fermement condamné cette opération, la qualifiant de manœuvre provocatrice qui menace la paix et la stabilité régionales. Selon les médias chinois, un porte-parole militaire a déclaré que cette patrouille portait gravement atteinte à la situation sécuritaire.
Pékin revendique la souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, en se basant sur une délimitation géographique qui chevauche les zones économiques exclusives (ZEE) internationalement reconnues du Brunei, de l’Indonésie, de la Malaisie, des Philippines et du Vietnam. La Chine a déployé une importante flotte de garde-côtes dans cette zone, à des centaines de kilomètres de ses côtes, et est régulièrement accusée d’incidents avec les navires philippins et d’interférences dans les activités énergétiques de la Malaisie et du Vietnam. Pékin nie ces accusations et affirme que ses garde-côtes agissent de manière professionnelle.
Parallèlement, le ministre chinois de la Défense, Dong Jun, a appelé vendredi à une coopération renforcée entre la Chine et l’ASEAN pour préserver la paix régionale, soulignant l’importance du dialogue multilatéral sur les questions de sécurité maritime.
La visite de Hegseth en Asie du Sud-Est coïncide également avec une période de tensions internationales accrues, suite à l’annonce du président américain Donald Trump, qui a déclaré sur les réseaux sociaux avoir ordonné à l’armée de « commencer à tester les armes nucléaires » après une interruption de 33 ans. Trump n’a pas précisé si cette annonce concernait des essais avec des explosifs nucléaires réels ou des tests de missiles à capacité nucléaire. Interrogé à ce sujet, Hegseth a déclaré que le ministère de la Défense fournirait des détails ultérieurement, ajoutant : « Nous disposons d’importantes capacités nucléaires, et les tester n’est qu’une mesure de prudence. »
En Corée du Sud, le président Lee Jae Myung a exhorté son homologue chinois, Xi Jinping, à intensifier ses efforts pour convaincre la Corée du Nord de reprendre le dialogue, lors d’une rencontre bilatérale à Gyeongju. Les médias chinois ont rapporté que Xi avait plaidé pour une collaboration entre Séoul et Pékin afin de promouvoir le multilatéralisme et de renforcer la coopération économique. Cependant, selon le directeur de la sécurité nationale sud-coréenne, Wi Sung-lac, Lee a exposé sa stratégie de dénucléarisation et a demandé à la Chine de jouer un rôle « constructif ». Xi a répondu qu’il continuerait à s’efforcer de contribuer à la résolution des problèmes de la péninsule coréenne et à promouvoir la paix et la stabilité. La Corée du Nord a immédiatement réagi, son vice-ministre des Affaires étrangères, Pak Myong Ho, critiquant la Corée du Sud pour son « rêve » de dénucléarisation.
(Avec des informations d’AP et Reuters)
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