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Le « chouchou » des horaires officiels

Publié le 13 novembre 2025 à 17h10. La présidente Claudia Sheinbaum a ouvert la voie à une possible révision des plages horaires publicitaires à la radio et à la télévision, tout en soulignant l'importance de préserver la liberté…

Le « chouchou » des horaires officiels

Publié le 13 novembre 2025 à 17h10. La présidente Claudia Sheinbaum a ouvert la voie à une possible révision des plages horaires publicitaires à la radio et à la télévision, tout en soulignant l’importance de préserver la liberté d’expression dans le cadre d’une réforme plus vaste du paysage médiatique et électoral au Mexique.

  • Claudia Sheinbaum s’est dite ouverte à revoir le modèle actuel des plages horaires publicitaires, critiqué pour sa saturation et son impact sur l’audience.
  • Elle a affirmé que la liberté d’expression ne serait pas compromise par les réformes envisagées, un point sensible pour de nombreux acteurs des médias.
  • Ces discussions interviennent dans le contexte d’une réforme plus large du système électoral et de la régulation des médias, suscitant des inquiétudes quant à un possible contrôle accru de l’exécutif.

Lors d’une rencontre mercredi avec les propriétaires et directeurs de chaînes de radio et de télévision, réunis dans le cadre du congrès du CIRT, la présidente Sheinbaum a annoncé sa volonté d’engager un dialogue pour repenser le système des plages horaires publicitaires. « Nous sommes ouverts à une révision des horaires officiels », a-t-elle déclaré, promettant la mise en place de « tables de dialogue » pour examiner le modèle en vigueur.

Cette annonce répond à une revendication de longue date du secteur, qui dénonce la saturation des écrans par des spots publicitaires répétitifs, une baisse de l’audience et des asymétries réglementaires face à la montée en puissance des plateformes numériques. La présidente a reconnu que « la répétition répétée de messages de 20 secondes n’informe pas nécessairement les citoyens ».

Au-delà de la question des plages horaires, Sheinbaum a insisté sur la protection de la liberté d’expression, un pilier de la démocratie.

« La liberté d’expression n’est pas touchée (ou n’a pas été perturbée) »,

Claudia Sheinbaum, Présidente

Cependant, ce message n’a pas convaincu tous les journalistes et patrons de médias, en particulier les plus critiques envers le gouvernement.

Cette prise de position publique intervient alors que le pays se prépare à un débat sur une réforme politico-électorale d’envergure. Cette réforme ne se limite pas à la régulation des médias, mais englobe également la structure de l’Institut national électoral (INE), le mode d’élection des candidats, la reconfiguration du Congrès, la supervision des plateformes numériques et le fonctionnement de nouveaux organismes tels que l’Agence de transformation numérique et de télécommunications (ATD) et le Conseil de régulation des télécommunications (CRT). Ces deux dernières entités concentrent des pouvoirs stratégiques entre les mains de l’exécutif.

Depuis 2007, les plages horaires publicitaires, attribuées par l’INE, représentent un avantage considérable pour les partis politiques, leur permettant de remplacer les dépenses publicitaires privées et de financer leurs campagnes. Aujourd’hui, ce modèle est jugé obsolète, les audiences migrant vers les plateformes numériques et les diffuseurs traditionnels étant confrontés à des obligations qui ne s’appliquent pas aux acteurs du numérique.

Le secteur craint que la refonte de la réglementation ne conduise à un contrôle excessif, à un pouvoir discrétionnaire et à des risques pour la liberté éditoriale. Le CIRT met en garde contre le risque que l’ATD et le CRT ouvrent la voie à une réglementation trop stricte, notamment en matière de supervision des contenus, de limitation des espaces publicitaires et de sanctions à l’encontre des concessionnaires et des plateformes, sur la base de critères mal définis.

Les partis politiques, quant à eux, sont peu enclins à renoncer à ce temps de parole gratuit. Ils pourraient accepter une réorganisation de la gestion de ces plages horaires, mais défendront farouchement ce privilège acquis de longue date. En cas de suppression, ils pourraient compenser en augmentant leurs dépenses publicitaires sur les plateformes numériques.

Sur le plan économique, une réduction des plages horaires publicitaires ne se traduirait pas nécessairement par une augmentation des revenus pour les chaînes de télévision et de radio, en raison des limites imposées à la commercialisation. L’objectif principal serait plutôt de réduire la saturation publicitaire, de reconquérir l’audience et de rétablir un certain équilibre face à la concurrence des plateformes mondiales, qui concentrent la majorité des revenus publicitaires numériques sans supporter les mêmes contraintes.

Le risque réside également dans le transfert d’obligations vers les plateformes numériques sans cadre réglementaire clair. Réguler la propagande en ligne est essentiel, mais le faire à travers des organismes concentrés au sein de l’exécutif pourrait conduire à une surveillance accrue, à des critères de sanction ambigus et à des pressions indirectes sur les contenus critiques. L’expérience internationale montre que le remède pourrait s’avérer pire que le mal en l’absence de contrepoids.

En conclusion, Claudia Sheinbaum a réaffirmé son engagement à « créer toujours les conditions de la liberté des médias ». Cependant, ce message apparaît insuffisant face aux préoccupations croissantes concernant le harcèlement et les pressions exercées sur les journalistes et les médias critiques.

Post-scriptum 1

Tous les préparatifs sont en cours pour célébrer le 72e anniversaire d’Andrés Manuel López Obrador. Plusieurs membres de son entourage proche devraient se rendre jeudi à la ferme de Palenque, au détriment de leurs fonctions officielles.

Comment Alexandre Esquer et Daniel Assaf, respectivement sénateur et député, ainsi que Antonio Martínez Dagnino et Juan Pablo de Botton justifieront-ils leur absence de leurs bureaux ?

Mercredi, la présidente Sheinbaum a adressé des félicitations publiques à son prédécesseur, un geste auquel le président du Sénat, Laura Itzel-Castillo, a répondu en soulignant l’influence persistante de López Obrador sur la vie politique du mouvement. La présidente a cependant affirmé ne pas savoir si l’ancien président prévoyait une tournée dans le pays pour présenter son nouveau livre, dont la publication est prévue en décembre, un projet qui pourrait servir de prétexte à une nouvelle offensive pour reprendre le contrôle de l’agenda politique.

Post-scriptum 2

Le vote pour définir la réélection de Rafael Guerra Álvarez en tant que président de la Cour supérieure de justice de Mexico aura lieu vendredi 14 novembre.

Guerra, à la tête du tribunal depuis près de sept ans, est accusé par certains magistrats de vouloir utiliser sa position comme tremplin politique en vue des élections de 2027, notamment en s’impliquant dans la réforme judiciaire fédérale et en tolérant des pratiques de corruption. La perception générale au sein du TSJ-CDMX est que sa continuité ne garantirait pas la stabilité, mais aggraverait l’usure institutionnelle.

Le meurtre de l’avocat David Cohen, il y a un mois, devant le siège du pouvoir judiciaire de la capitale, a mis en évidence l’ampleur de la décomposition. Depuis cet événement, les plaintes concernant l’existence de réseaux de protection, de pratiques opaques et de pressions indues au sein des principaux tribunaux ont considérablement augmenté.

La relation entre Guerra et la procureure de la capitale, Bertha Alcalde Luján, est pratiquement inexistante, voire conflictuelle. Le parquet a demandé des décisions judiciaires permettant la libération d’accusés à haut risque, tandis que le TSJ reproche au ministère public de mal constituer les dossiers. Les deux parties opèrent sans coordination à un moment critique pour la sécurité de la capitale.

Parmi les candidats potentiels pour remplacer Guerra, on cite Celia Marín Sasaki, magistrate en matière civile, qui a dénoncé publiquement les « graves problèmes de corruption, de népotisme et de vente de postes » au sein de la Cour, ainsi que Ramón Alejandro Senties Palacios, dont la présence dans le domaine criminel et les réseaux de soutien se sont accrus malgré l’attaque dont il a été victime en avril dernier.

Post-scriptum 3

Le secteur touristique national observe avec une préoccupation croissante la manière dont sont définis les budgets destinés à la promotion du Mexique, tant à l’intérieur qu’à l’étranger. Le ministère du Tourisme, dirigé par Josefina Rodríguez Zamora, a chargé Marte Luis Molina Orozco de coordonner les accords de réaffectation des ressources avec les États et les villes magiques.

Cette nomination a suscité des critiques, car Molina Orozco a accompagné Rodríguez Zamora lors de son mandat de secrétaire au tourisme de Tlaxcala, où il était connu pour favoriser certains tour-opérateurs et entreprises, comme Horizonte México. Durant cette période, les prestataires de services du corridor luciole de Nanacamilpa et de Calpulalpan ont protesté contre l’imposition d’une plateforme unique pour la vente de billets, qui, selon eux, générait des avantages économiques pour un individu.

Rodríguez Zamora a également été critiquée pour la location répétée de l’élevage de bétail « Atlanga », propriété de son père, pour des événements d’État, pour des dépenses excessives en « influenceurs » pour promouvoir les corridas et pour la négligence des zones archéologiques comme Cacaxtla et Tizatlán.

Aujourd’hui, à la tête du tourisme fédéral, les plaintes du secteur font état d’un schéma similaire : attributions exclusives à certains fournisseurs, attributions directes sans appel d’offres et pressions sur les gouvernements des États pour qu’ils acceptent des entreprises préalablement sélectionnées. Le risque, avertissent les hommes d’affaires et les responsables locaux, est que le tourisme, l’un des plus solides moteurs de revenus et d’emplois au Mexique, finisse par être subordonné aux intérêts personnels et aux réseaux de complicité.

Post-scriptum 4

Le dernier revers subi par la maire de Morena, Abelina López Rodríguez, a une fois de plus mis en évidence son style autoritaire et la longue liste de scandales qu’elle a accumulés. Le Tribunal électoral de Guerrero lui a infligé un revers juridique et politique en mettant fin à sa tentative de censure du média Tendances à Acapulco. Les magistrats l’ont corrigée en soulignant qu’un agent public est obligé de tolérer les critiques et de garantir la liberté d’expression.

Ce n’est pas la première fois que López Rodríguez est exposée à cause de décisions controversées. L’indignation suscitée par ses déclarations au milieu de la tragédie de l’ouragan Otis et de l’insécurité reste vive, ainsi que les plaintes concernant la gestion discrétionnaire des ressources et les irrégularités dans la passation des marchés.

@MarioMal



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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.