Publié le 12 janvier 2024 à 10h22. Face à une possible désengagement américain, le commissaire européen Andrius Kubilius propose la création d’une force militaire européenne permanente de 100 000 soldats pour assurer la sécurité du continent.
- Le commissaire européen Andrius Kubilius plaide pour une armée européenne commune forte de 100 000 soldats.
- Cette initiative vise à pallier un éventuel retrait des troupes américaines déployées en Europe.
- L’idée d’une défense européenne renforcée refait surface, notamment en raison des incertitudes liées à la politique étrangère américaine.
L’Union européenne devrait envisager sérieusement la création d’une armée commune, a déclaré le commissaire à la Défense, Andrius Kubilius, lors d’un discours prononcé dimanche en Suède. Il a proposé la mise sur pied d’une “force européenne permanente de 100 000 soldats” pour garantir la protection du continent si les États-Unis décidaient de réduire leur présence militaire. Kubilius s’interroge sur la manière de remplacer la force américaine, actuellement estimée à 100 000 hommes, qui constitue l’épine dorsale de la défense européenne.
Washington encourage ses alliés européens à assumer une part croissante de leur propre sécurité. Le gouvernement américain a même évoqué la possibilité de retirer ses troupes d’Europe afin de concentrer ses ressources sur la Chine. « Dans un contexte comme le nôtre, il est impératif de ne pas éluder les questions cruciales concernant notre préparation défensive institutionnelle », a souligné Andrius Kubilius.
L’idée d’une armée commune : un débat récurrent
L’idée d’une armée européenne commune n’est pas nouvelle. Elle a été relancée ces dernières années par les doutes concernant l’engagement des États-Unis au sein de l’OTAN et par les prises de position parfois imprévisibles de l’ancien président américain Donald Trump. Ses remises en question de la stratégie de sécurité américaine et ses déclarations controversées sur le Groenland, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’un rachat forcé de l’île, ont alimenté les inquiétudes en Europe.
En 2019, lors de son premier mandat, Donald Trump avait déjà fait une offre pour acheter le Groenland, une proposition qui avait suscité l’indignation au Danemark, pays auquel l’île appartient. Il a réitéré à plusieurs reprises son intérêt pour l’intégration du Groenland aux États-Unis, justifiant cette volonté par des impératifs de sécurité nationale.
Bien que des propositions de création d’une armée européenne commune circulent depuis des années, elles se heurtent au scepticisme des États membres, réticents à céder le contrôle de leurs forces armées à une structure supranationale.
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