Publié le 16 mai 2024 à 10h30. Les locataires des logements sociaux à Dublin pourraient voir leurs loyers augmenter significativement à partir de 2027, une mesure destinée à rééquilibrer le système actuel jugé trop favorable aux foyers aux revenus les plus élevés.
- Le conseil municipal de Dublin (DCC) prévoit une révision de la méthode de calcul des loyers, basée sur les revenus des occupants.
- Les foyers aux revenus modestes pourraient subir des augmentations de l’ordre de 10 %, tandis que les foyers aux revenus plus élevés pourraient voir leurs loyers augmenter de plus de 50 %.
- Cette proposition vise à générer 35 millions d’euros supplémentaires par an pour financer l’entretien des logements sociaux, confrontés à un déficit budgétaire de 55 millions d’euros.
Le système actuel de location des logements sociaux à Dublin, basé sur un loyer « différentiel », prend en compte les revenus de tous les occupants d’un foyer. Actuellement, le loyer est calculé à 15 % du salaire du principal occupant, après une franchise de 32 € par semaine. Les autres membres du foyer contribuent également au loyer, dans la limite d’un maximum de 21 € par semaine. Jusqu’à quatre personnes peuvent être prises en compte dans ce calcul, les suivantes étant exclues.
Pour les travailleurs indépendants, tels que les chauffeurs de taxi ou les artisans, le DCC estime actuellement leurs revenus à 500 € ou 560 € par mois. Ces estimations sont sur le point d’être revues à la hausse, avec une base de calcul fixée à 18 % de tout revenu dépassant 50 € par semaine. Les autres membres du foyer contribueront également jusqu’à 40 € par semaine, sans limite au nombre de personnes prises en compte.
Le DCC justifie cette réforme par le fait que le système actuel favorise les foyers aux revenus les plus élevés, où le loyer représente une part de plus en plus faible du revenu total. Selon les documents du conseil, « à mesure que les revenus des ménages augmentent et que des salariés subsidiaires sont présents, le pourcentage du loyer par rapport au revenu du ménage diminue ». Les nouvelles estimations pour les travailleurs indépendants, fixées à 700 € par mois, sont considérées comme plus conformes aux statistiques nationales.
À partir de 2027, le revenu présumé des locataires indépendants et le plafond des salariés subsidiaires augmenteront également de 2,5 % par an, en fonction de l’évolution de la protection sociale au cours de la dernière décennie.
En termes d’impact concret, un locataire isolé avec un revenu net de 244 € par mois pourrait voir son loyer augmenter de 10 %, passant de 31,80 € à 34,92 €. Un foyer composé d’un principal occupant gagnant 961 € par mois et de deux autres adultes avec un revenu combiné de 900 € pourrait subir une augmentation de 35 %, passant de 181 € à 244 €. Avec davantage de personnes contribuant au loyer, l’augmentation pourrait dépasser les 50 %.
Cette proposition suscite des réactions mitigées. Le conseiller municipal Mannix Flynn a critiqué cette augmentation, la jugeant « prématurée » en l’absence d’un plan global pour la rénovation des logements sociaux. Il souligne que de nombreux complexes nécessitent d’importants travaux de maintenance.
De son côté, le conseiller du Sinn Féin, Daithí Doolan, s’oppose fermement à toute augmentation des loyers.
« Les familles sont vraiment confrontées à la crise du coût de la vie. Les gens sont poussés jusqu’au bout pour tenter de couvrir leurs factures de nourriture, de chauffage et de chauffage. La dernière chose dont les familles qui travaillent ont besoin, c’est d’une augmentation de loyer. »
Daithí Doolan, conseiller du Sinn Féin
Mick Mulhern, responsable du logement du DCC, avait déclaré plus tôt cette année que les dépenses annuelles pour l’entretien des logements, estimées entre 75 et 80 millions d’euros, étaient « absolument insuffisantes ».