Publié le 24 novembre 2025 à 13h34. Un député nord-irlandais a suscité la polémique en remettant en question l’enseignement de pratiques spirituelles alternatives dans les écoles primaires, ravivant un débat sur la place de la religion et de la spiritualité dans l’éducation.
- Trevor Clarke, député du Democratic Unionist Party (DUP), a critiqué le président du comité de l’éducation de l’Alliance Party pour ne pas avoir exclu l’enseignement de la « sorcellerie » ou du « paganisme » dans les écoles primaires.
- L’échange a déclenché une vive réaction en ligne, avec des arguments sur la nature de ces pratiques et leur pertinence dans un contexte éducatif.
- Des experts soulignent que les accusations de satanisme ou de conspiration anti-chrétienne à l’égard du paganisme et de la sorcellerie sont largement infondées et reposent sur des interprétations historiques erronées.
L’affaire a débuté lorsque Trevor Clarke a partagé sur sa page Facebook un extrait d’une discussion avec Nick Mathison, président du comité de l’éducation de l’Alliance Party, lors de l’émission de radio Nolan Show. M. Clarke a exprimé son étonnement face à l’incapacité de M. Mathison à exclure la possibilité que la « sorcellerie » ou le « paganisme » soient enseignés dans les écoles primaires.
Dans sa publication, le député du DUP a ironisé sur l’ouverture d’esprit supposée du Parti de l’Alliance, suggérant que l’enseignement de la religion pourrait même inclure des personnages de fiction comme Harry Potter. Il a également rappelé une précédente déclaration de M. Mathison concernant l’âge auquel un enfant peut décider de son identité de genre, critiquant ainsi sa position sur les questions de liberté individuelle et d’éducation.
« J’ai failli tomber de ma chaise ce matin lorsque j’ai entendu au Nolan Show que le président du comité de l’éducation de l’Alliance, Nick Mathison, ne pouvait pas, lorsqu’on lui a demandé à plusieurs reprises, exclure que la « sorcellerie » ou le « paganisme » soient enseignés dans les écoles primaires ! » a écrit M. Clarke. « Être au sein du Parti de l’Alliance doit être un endroit magique et il faut être tellement inclusif que l’on n’exclut pas qu’Harry Potter enseigne RE. Nick Mathison, de l’Alliance Party, est le même homme qui a également déclaré qu’il ne lui appartenait pas de dire si un enfant de 3 ans est assez vieux pour décider s’il peut être transgenre ! En tant que gouverneur d’une école primaire et grand-père, je défendrai l’éthique chrétienne dans nos écoles. C’est et ce sera toujours un pays chrétien. »
Au-delà de la polémique immédiate, cet incident met en lumière des idées reçues tenaces sur le paganisme et la sorcellerie. Selon des spécialistes, ces pratiques ne sont pas intrinsèquement sataniques ou anti-chrétiennes, mais plutôt des formes de spiritualité alternatives qui ont souvent des racines historiques profondes. L’amalgame entre paganisme et satanisme remonte à l’époque médiévale, lorsque l’Église a utilisé cette association pour diaboliser et persécuter les guérisseurs locaux et les personnes pratiquant des rituels non conformes à la doctrine chrétienne.
Les païens et les sorcières modernes, pour la plupart, ne cherchent pas à renverser l’ordre établi ou à promouvoir des pratiques maléfiques. Ils s’adonnent généralement à une spiritualité axée sur la nature, des rituels saisonniers ou une quête personnelle de sens. L’accusation d’hostilité envers le christianisme est donc largement infondée. De plus, de nombreux éléments de la culture chrétienne, tels que les arbres de Noël ou les œufs de Pâques, ont des origines païennes.
Naomi Long, députée de l’Alliance Party, a répondu aux critiques de M. Clarke sur Twitter en citant Shakespeare et en qualifiant les accusations du DUP de désespérées.
« Double, Double labeur et ennuis ; feu brûlant et bulle de chaudron…Déjà au programme grâce à Shakespeare 🤷🏻♀️🧙🏻♀️🤣 » a-t-elle écrit. « Le DUP doit se rattraper. Cela pue le désespoir. Ou, comme dirait le barde lui-même : « C’est le truc le plus stupide que j’ai jamais entendu. » 🙄 »