Publié le 24 septembre 2025. Contrairement aux idées reçues, le désir sexuel masculin ne faiblit pas avec l’âge, mais atteint son apogée autour de 40 ans, selon une vaste étude internationale. Cette recherche remet en question l’importance exclusive des facteurs hormonaux et souligne le rôle des éléments sociaux et relationnels.
- Le désir sexuel masculin culmine en moyenne vers l’âge de 40 ans.
- Les facteurs sociaux et relationnels jouent un rôle aussi important que les hormones dans la libido masculine.
- Le désir féminin, lui, atteint son pic entre 20 et 30 ans, puis diminue plus nettement après 50 ans.
Longtemps, la baisse de la libido masculine a été attribuée à la diminution progressive de la testostérone après 30 ans (environ 1 % par an, selon le National Health Service britannique). Cette explication hormonale a conduit à croire que le désir sexuel atteignait son maximum durant la vingtaine. Cependant, une équipe de chercheurs de l’Université de Tartu en Estonie a remis en cause ce postulat.
En analysant les données de plus de 67 000 adultes âgés de 20 à 84 ans, les chercheurs ont constaté que la libido masculine continue d’augmenter jusqu’au début de la quarantaine, avant de connaître un déclin graduel. Cette étude, publiée dans la revue Scientific Reports, ouvre de nouvelles perspectives sur la complexité du désir humain.
« Les hormones sont importantes, mais elles ne représentent pas tout, et leur importance relative change tout au long de la vie », explique Toivo Aavik, professeur à l’Université de Tartu et co-auteur de l’étude, à Euronews Health.
« Nos données montrent que le désir dure plus longtemps qu’une explication purement hormonale ne le laisserait présager et que des facteurs sociaux/relationnels expliquent une grande partie de la variabilité. »
Toivo Aavik, professeur à l’Université de Tartu
L’étude souligne que le désir sexuel est intimement lié à la qualité de vie, aux relations et à la satisfaction personnelle. Selon Aavik, « le désir n’est pas une curiosité marginale. Il est au cœur de la façon dont les gens vivent le sexe, construisent des relations et évaluent leur vie intime. Concrètement, il est également fondamental pour la santé des relations et, bien sûr, pour la santé en général. »
Les résultats de l’étude révèlent également des différences de libido en fonction des professions. Les opérateurs de machines, les cadres supérieurs, les chauffeurs et le personnel militaire affichent un appétit sexuel plus élevé que les employés de bureau et les professionnels du service client. L’orientation sexuelle est également un facteur : les personnes bisexuelles signalent des niveaux de désir plus importants, tandis que les relations stables et heureuses sont associées à une augmentation plus modérée de la libido.
Le désir féminin : une trajectoire différente
À l’inverse des hommes, l’étude indique que le désir féminin culmine entre 20 et 30 ans, puis diminue significativement après 50 ans. Cette observation est cohérente avec les recherches antérieures sur la baisse des œstrogènes pendant et après la ménopause. Selon Johns Hopkins Medicine, les femmes signalent une réduction de 23 % de leur activité sexuelle entre 50 et 70 ans.
Cependant, les chercheurs insistent sur le fait que les facteurs sociaux, tels que la charge mentale liée à la garde des enfants et la stigmatisation, influencent également le désir sexuel des femmes et leur capacité à l’exprimer.
« Dans de nombreuses sociétés, l’excitation sexuelle masculine est plus visible et socialement légitime à signaler ; les femmes peuvent sous-déclarer leur désir dans les enquêtes anonymes pour diverses raisons : normes intériorisées, incertitude sur ce qui compte comme “désir” ou peur de la stigmatisation. »
Toivo Aavik, professeur à l’Université de Tartu
Aavik précise également que l’expérience sexuelle féminine est souvent plus complexe et nuancée. « Les femmes peuvent ressentir une excitation physiologique sans la classer comme ‘désir’ à ce moment-là, ou elles peuvent ressentir un désir plus dépendant du contexte. » Il souligne donc l’importance de considérer ces résultats comme des moyennes et de tenir compte des variations individuelles, tant chez les hommes que chez les femmes. Par exemple, l’étude a montré que certaines femmes déclarent un désir élevé, tandis que d’autres en ressentent peu, et que la libido des femmes tend à diminuer après la naissance d’un enfant, tandis qu’elle augmente chez les hommes.
« Les normes sociales, les différences de mesure et la nature souvent interne et dépendante du contexte du désir sexuel féminin contribuent aux moyennes d’enquête montrant des différences entre les sexes », conclut Aavik.
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