Home Nouvellesle différend géopolitique sur le Venezuela – DW – 23/12/2025

le différend géopolitique sur le Venezuela – DW – 23/12/2025

by Nicolas Lefèvre

Publié le 24 décembre 2025 à 05h30. Le déploiement militaire américain dans les Caraïbes, ciblant désormais les pétroliers vénézuéliens, intensifie les tensions régionales et révèle un jeu d’influence complexe impliquant la Chine et la Russie.

  • Les États-Unis intensifient leur pression sur le Venezuela en ciblant ses exportations pétrolières, une source de revenus vitale pour le pays.
  • La Chine, malgré une part relativement faible dans les importations pétrolières vénézuéliennes (4 %), augmente ses achats et renforce son indépendance énergétique.
  • La Russie, allié historique du Venezuela, a apporté un soutien crucial au régime de Maduro, notamment en matière d’armement et de soutien politique.

Washington pourrait durcir encore sa politique à l’égard de Caracas, avec l’administration Trump exigeant la restitution d’actifs pétroliers et fonciers que le Venezuela aurait « volés ». Ce renforcement de la pression américaine s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large, où la lutte pour le contrôle des ressources énergétiques et l’influence régionale sont exacerbées. Le déploiement naval annoncé, initialement axé sur la lutte contre le trafic de drogue, s’étend désormais aux navires transportant du pétrole vénézuélien à partir de décembre 2025, une décision qui suscite de vives inquiétudes à Caracas.

Le Venezuela, bien que confronté à des difficultés économiques, détient les plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils. Cette richesse énergétique est au cœur des enjeux stratégiques qui se jouent dans la région. Les exportations pétrolières sont essentielles à la survie économique du Venezuela, malgré la détérioration de son industrie. Les experts s’accordent sur ce point, même si leurs analyses divergent quant au rôle exact du Venezuela dans le trafic de drogue.

L’intérêt de la Chine pour le pétrole vénézuélien est en croissance. Reuters a rapporté, citant des analystes, que la Chine pourrait importer plus de 600 000 barils par jour de pétrole vénézuélien en décembre, soit une part significative de la production quotidienne du pays. Ce brut lourd, appelé Merey 16, est particulièrement prisé par les raffineries asiatiques, même sous le poids des sanctions internationales. L’argent chinois afflue vers le Venezuela sous forme de prêts, portant la dette de Caracas envers Pékin entre 60 et 70 milliards de dollars, selon diverses estimations.

L’influence chinoise ne se limite pas au secteur pétrolier. Le Venezuela est également un marché important pour la technologie chinoise, notamment dans les domaines militaire et des télécommunications. En septembre, Nicolás Maduro a présenté un nouveau téléphone de la marque Huawei lors d’une conférence de presse à Caracas, affirmant que Xi Jinping lui avait personnellement offert cet appareil. Maduro a déclaré : «

Avec ce téléphone, les gringos, les avions espions ou les satellites ne peuvent pas intervenir.

»

Le Venezuela, avec son régime socialiste autoritaire, trouve un écho idéologique auprès de la Chine, qui peut ainsi se positionner comme un allié en dénonçant les actions américaines, comme la récente saisie d’un pétrolier. Cette stratégie permet également à Pékin de contrer l’influence américaine dans sa sphère d’influence traditionnelle.

La Russie, de son côté, entretient des relations étroites avec le Venezuela depuis le début des années 2000, devenant son principal fournisseur d’armes. En 2019, lorsque le pouvoir de Maduro était menacé et que Juan Guaidó s’était proclamé président par intérim, Moscou a envoyé deux avions militaires chargés de soldats et de matériel, empêchant ainsi, selon certains, un renversement du régime. Vladimir Rouvinski, politologue à l’université Icesi en Colombie, a déclaré à la DW : «

Moscou, d’une certaine manière, a sauvé Maduro.

» Bien que le soutien russe actuel semble moins fort, il reste un facteur important de stabilité pour le régime vénézuélien.

L’administration Trump, quant à elle, semble déterminée à poursuivre sa politique de changement de régime au Venezuela, avec une exigence de restitution des actifs pétroliers et fonciers. John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, avait qualifié le Venezuela, Cuba et le Nicaragua de «triangle de la terreur».

(os/chp)

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