Les récentes concessions tarifaires américaines au Japon, à l’Indonésie et aux Philippines, avec des droits de douane ramenés entre 15 % et 19 %, apaisent les tensions commerciales et pourraient accélérer un assouplissement de la politique monétaire américaine, entraînant une baisse du dollar.
Tokyo bénéficiera ainsi d’une réduction des droits d’importation sur les véhicules américains, passant de 25 % à 15 %. Face à cet accord, l’Union européenne exprime également son souhait de voir les tarifs douaniers réduits à 15 %. Bruxelles a toutefois indiqué qu’elle n’avait pas l’intention d’activer le mécanisme anti-coercition ni de riposter avec des mesures tarifaires équivalentes à 100 milliards d’euros.
Cette détente sur le front commercial contribue à un regain d’appétit pour le risque sur les marchés mondiaux, exerçant une pression à la baisse sur le dollar, traditionnellement considéré comme une valeur refuge. Par ailleurs, la diminution de l’incertitude liée au commerce international offre à la Réserve fédérale (Fed) une plus grande marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire. Les marchés anticipent désormais une baisse des taux d’intérêt plus rapide que prévu, ce qui pourrait accentuer la dépréciation du dollar.
Les anticipations d’un assouplissement monétaire s’accentuent également en raison du départ annoncé de Jerome Powell de son poste de président de la Fed en 2026. Donald Trump, qui devrait choisir son successeur, devrait opter pour une personnalité influente dont les opinions seraient alignées sur les siennes. Il a récemment exprimé son souhait de voir les taux d’intérêt baisser de 300 points de base.
L’économie américaine ne semble pas au bord d’une récession, soutenue par ces accords commerciaux qui réduisent l’incertitude, l’orientation de la Fed vers un assouplissement de la politique monétaire et les résultats positifs des entreprises. Les indices boursiers continuent de battre des records, portés par l’attente des publications des résultats des « Sept Magnifiques » (les sept plus grandes entreprises technologiques américaines).
Les analystes prévoient une croissance des bénéfices de 14 % pour ces sept entreprises, contre seulement 3 % pour les 493 autres sociétés composant l’indice boursier élargi. À ce stade, les données réelles du deuxième trimestre sont encourageantes : 83 % des entreprises ayant publié leurs résultats ont affiché des performances supérieures aux attentes, un chiffre supérieur aux moyennes des cinq et dix dernières années (78 % et 75 % respectivement).
Un dollar faible soutient également l’indice S&P 500. En raison de la taille importante du marché intérieur américain, seulement 13 % des bénéfices des entreprises proviennent de l’étranger. Cependant, les entreprises incluses dans l’indice boursier élargi sont plus exposées à l’international, comme le démontre le cas de Goldman Sachs, où ce chiffre atteint 28 %.
L’euphorie actuelle pourrait toutefois être de courte durée. Si les droits de douane entraînent une stagflation de l’économie américaine, les bénéfices des entreprises pourraient diminuer et l’indice S&P 500 pourrait connaître une correction.