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Le fondateur de Dignitas décède par suicide assisté à l’âge de 92 ans, selon le groupe

Le fondateur de l'organisation suisse Dignitas, pionnière du droit à mourir dans la dignité, s'est donné la mort par suicide assisté samedi, a annoncé l'association. Ludwig Minelli, âgé de 92 ans, est décédé quelques jours avant son 93e…

Le fondateur de Dignitas décède par suicide assisté à l’âge de 92 ans, selon le groupe

Le fondateur de l’organisation suisse Dignitas, pionnière du droit à mourir dans la dignité, s’est donné la mort par suicide assisté samedi, a annoncé l’association. Ludwig Minelli, âgé de 92 ans, est décédé quelques jours avant son 93e anniversaire, mettant fin à une vie consacrée à la défense de l’autodétermination et du droit à une fin de vie choisie.

Dignitas a salué la mémoire de son fondateur, soulignant son engagement inlassable pour la « liberté de choix, l’autodétermination et les droits de l’homme ». Créée en 1998, l’organisation a depuis aidé des milliers de personnes à mettre fin à leurs jours, une pratique légale en Suisse sous conditions strictes depuis 1942.

L’annonce intervient alors que le débat sur l’aide médicale à mourir est en pleine évolution dans plusieurs pays. L’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande ont récemment adopté des législations en la matière, et la Chambre des Lords britannique examine actuellement un projet de loi sur le sujet. Cependant, la légalisation suscite des inquiétudes, notamment chez les défenseurs des droits des personnes handicapées et vulnérables, qui craignent une possible pression à mettre fin à ses jours.

Avant de fonder Dignitas, Ludwig Minelli a débuté sa carrière comme journaliste, collaborant notamment avec le magazine allemand Der Spiegel. Il s’est ensuite tourné vers le droit et les droits de l’homme, avant de se consacrer pleinement à la question de la fin de vie. Il avait quitté l’organisation suisse d’aide à mourir Exit, estimant que ses règles étaient trop contraignantes.

Dignitas s’est distinguée en offrant le suicide assisté à des citoyens étrangers, pour qui l’aide à mourir n’est pas autorisée dans leur pays d’origine. L’organisation a parfois été critiquée pour son manque de transparence financière et pour avoir proposé son assistance à des personnes non en phase terminale, mais souhaitant simplement mettre fin à leurs souffrances.

Ludwig Minelli a fait face à de nombreuses contestations judiciaires, remportant plusieurs recours devant la Cour suprême suisse. Dignitas souligne que son action a eu un impact durable, citant notamment un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme de 2011, confirmant le droit d’une personne capable de discernement de décider des modalités et du moment de sa propre mort.

« Je suis persuadé que nous devons lutter pour mettre en œuvre le dernier droit de l’homme dans nos sociétés. Et le dernier droit de l’homme est le droit de prendre une décision de son propre côté, et la possibilité d’atteindre cette fin sans risque et sans douleur », avait déclaré Minelli lors d’une interview à la BBC en 2010.

Dans un communiqué, Dignitas a affirmé qu’elle continuerait à œuvrer dans la lignée de son fondateur, en tant qu’organisation internationale « professionnelle et combative pour l’autodétermination et la liberté de choix dans la vie et en fin de vie ». L’euthanasie, consistant en l’administration d’un produit létal par un médecin, reste illégale en Suisse.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.