Publié le 16 janvier 2024 14:52:00. L’Irlande mise sur l’attractivité de son marché immobilier pour attirer des investissements étrangers, notamment lors du prestigieux salon MIPIM à Cannes en mars. Cette participation intervient alors que le pays cherche à mobiliser des fonds considérables pour atteindre ses objectifs ambitieux de construction de logements.
- L’Irlande participera au Marché International des Professionnels de l’Immobilier (MIPIM) à Cannes du 9 au 12 mars.
- Une délégation composée de représentants gouvernementaux, d’agences nationales, d’autorités régionales et d’experts du secteur privé présentera le potentiel du marché résidentiel irlandais.
- Le gouvernement estime avoir besoin de 20 milliards d’euros par an en investissements privés pour construire 300 000 logements d’ici 2030.
L’Irlande entend profiter de l’influence du MIPIM, événement majeur pour les investisseurs immobiliers internationaux, afin de stimuler l’investissement dans le secteur du logement. Plus de 20 000 délégués et 4 000 milliards d’euros d’actifs sous gestion sont attendus à Cannes. Le pavillon irlandais servira de plateforme pour promouvoir le pays comme une destination attractive, en mettant en avant son environnement opérationnel et son potentiel de croissance.
Le ministre du Logement, James Browne, a souligné l’importance de cette initiative.
« Cet événement en France représente une opportunité très importante pour l’Irlande d’attirer des investissements privés pour soutenir l’offre de nouveaux logements à travers le pays. »
James Browne, ministre du Logement
Il a également insisté sur la stabilité et l’attractivité de l’Irlande dans un contexte mondial incertain, affirmant que l’investissement est « au cœur de nos ambitions pour fournir les logements nécessaires ». Le ministre a précisé que l’État ouvre l’accès aux capitaux privés pour compléter les investissements publics sans précédent dans les infrastructures et la construction de logements.
La participation irlandaise sera coordonnée par le ministère du Logement, du Gouvernement local et du Patrimoine, en collaboration avec le ministère des Finances, le Fonds d’investissement stratégique irlandais et l’Agence du logement. Des représentants du secteur privé, tels que Irish Institutional Property et Property Industry Ireland, seront également présents. Un programme de tables rondes et de séances d’information est prévu pour mettre en valeur les atouts du marché irlandais.
Cependant, cette initiative ne fait pas l’unanimité. Les sociaux-démocrates ont critiqué la participation du gouvernement au MIPIM, dénonçant une dépendance excessive aux fonds spéculatifs et aux investisseurs institutionnels. Rory Hearne, porte-parole du parti pour le logement, a déclaré que cette présence ne signalait aucun changement de politique et que le gouvernement « double la mise » en s’appuyant sur des acteurs qui privilégient la rentabilité à l’accessibilité.
« Malheureusement, le type de propriétés proposées dans le cadre de ce modèle défectueux aboutit principalement à des maisons construites pour la location qui sont totalement inabordables. »
Rory Hearne, porte-parole des sociaux-démocrates pour le logement
Il accuse le gouvernement de considérer le logement comme un simple actif financier.
Le Parti travailliste partage des préoccupations similaires. Conor Sheehan, porte-parole du parti pour le logement, reconnaît la nécessité d’investissements, mais insiste sur le fait que les capitaux internationaux ne peuvent remplacer une stratégie de logement publique solide.
« Tout engagement avec les investisseurs mondiaux doit être fermement aligné sur l’intérêt public et axé sur la fourniture de logements véritablement abordables. »
Conor Sheehan, porte-parole du Parti travailliste pour le logement
Il critique également le manque de progrès du gouvernement en matière de logements sociaux, soulignant que les objectifs fixés n’ont pas été atteints.
Selon le Parti travailliste, la priorité devrait être donnée à la construction publique directe de logements, à une réglementation plus stricte du secteur locatif et à des conditions d’investissement claires pour garantir que le logement soit considéré comme un droit fondamental et non comme un simple produit financier.