Une série de blocages lycéens en Île-de-France et en province s’accompagne de dégradations importantes et de tensions accrues, poussant le gouvernement à promettre une intervention des forces de l’ordre face aux violences. La mobilisation, marquée par des divisions syndicales et des affrontements, suscite de vives passes d’armes politiques.
Tensions et interventions policières autour des établissements
Le mouvement de contestation mené par des lycéens s’est intensifié au cours de la dernière semaine de septembre 2026, touchant plusieurs établissements, notamment en banlieue parisienne dans les lycées d’Île-de-France.
Face à des incidents incluant des tirs de mortiers et des incendies aux abords des cours, le gouvernement a rapidement haussé le ton. Les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale ont adressé un télégramme consulté par l’AFP pour souligner que si l’expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées. Les forces de l’ordre ont ainsi reçu consigne d’intervenir en cas de violences ou de blocage total d’un établissement.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris la parole pour accuser certains élus de La France insoumise d’une surenchère irresponsable, pointant des tirs de mortiers, des incendies et des violences aux abords des lycées qui ne justifient en rien de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers. L’exécutif insiste sur le fait que le devoir d’un élu de la République est de protéger les jeunes et d’appeler au calme, qualifiant d’instrumentalisation partisane le soutien apporté au mouvement.
Des dégâts matériels chiffrés et un débat sur la responsabilité financière
La facture des dégradations s’alourdit à mesure que les rassemblements se poursuivent.
Cette situation économique et sécuritaire alimente le débat politique autour de la prise en charge financière des réparations. Un sondage CSA réalisé pour CNews, Europe 1 et le JDD indique que 81 % des Français se disent favorables à l’idée de faire payer aux parents les dégâts commis par leurs enfants mineurs. Les personnes âgées de 65 ans et plus se montrent les plus catégoriques avec un taux de 89 %, tandis que les sympathisants de droite, du Rassemblement national et de Reconquête! affichent des proportions massives oscillant entre 94 % et 95 %.

Du côté de la majorité présidentielle, l’adhésion à ce principe reste également très élevée, s’inscrivant dans la lignée de la position exprimée par Gabriel Attal lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, résumée par sa formule voulant que celui qui casse répare et celui qui salit nettoie. Gérald Darmanin a également affirmé sa volonté de faire payer les réparations aux parents d’enfants impliqués dans ces actes.
Affrontements politiques et fractures syndicales au grand jour
Sur le terrain, les organisations lycéennes affichent des lignes divergentes. D’un côté, l’Union syndicale lycéenne, se définissant comme antifasciste, écologiste, féministe et collectiviste, est menée par Ryad Rani, âgé de 19 ans et originaire de Roubaix. Ce dernier assure que la mobilisation n’est récupérée par aucun parti politique et qu’elle est menée par les lycéens et pour les lycéens. Néanmoins, sa trajectoire suscite des critiques, notamment de la part du coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, qui a jugé malhonnête de présenter comme lycéen une personne qui ne l’exerce plus et qui possède des liens passés avec des figures politiques macronistes ou insoumises.
Les réactions politiques traduisent la même polarisation. Face aux avertissements du gouvernement, Jean-Luc Mélenchon a riposté en qualifiant la répression ordonnée de féroce et d’irresponsable, tout en dénonçant un arrière-goût raciste. À l’inverse, des figures de la majorité et de l’opposition continuent de renvoyer dos à dos les organisateurs et les soutiens politiques du mouvement.
« Les lycéens en mouvement sont inoffensifs. Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. »
Jean-Luc Mélenchon, via franceinfo
Cette séquence de contestation éparse a également touché la province, à l’image d’incidents signalés devant des commerces et des structures de proximité à Nancy, où des vitrines ont été prises pour cible par des groupes de jeunes à proximité directe d’établissements scolaires, plongeant les témoins et gérants locaux dans l’incompréhension et l’effroi.