Publié le 9 janvier 2024 à 05:28:00. Les forces syriennes ont lancé un ultimatum aux combattants kurdes leur demandant de quitter les quartiers d’Achrafiyya et de Cheikh Maksoud à Alep, menaçant de compromettre les efforts de paix et de réintégration en cours.
- Les combattants kurdes doivent quitter les zones contestées avant 9 heures du matin ce vendredi.
- Environ 16 000 civils ont déjà fui les quartiers concernés, selon les autorités syriennes.
- La mise en œuvre de l’accord de mars visant à intégrer les autorités kurdes dans l’État syrien est bloquée par des désaccords sur la décentralisation.
L’armée syrienne a ordonné aux civils résidant dans les districts à majorité kurde d’Achrafiyya et de Cheikh Maksoud de quitter les lieux via des couloirs humanitaires avant le début de l’opération. La télévision d’État a annoncé qu’environ 16 000 personnes avaient déjà fui ces zones, craignant des affrontements. Des combats violents étaient encore en cours jeudi soir dans ces quartiers, selon un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP).
Cet ultimatum intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Damas et les forces kurdes, malgré un accord conclu en mars dernier. Cet accord prévoyait l’intégration des autorités kurdes dans les structures de l’État syrien d’ici le 24 septembre 2025. Cependant, sa mise en œuvre a été retardée en raison de divergences fondamentales, notamment sur la question de la gouvernance décentralisée, une proposition soutenue par les Kurdes mais rejetée par les nouvelles autorités syriennes.
Bien que les combattants kurdes aient accepté de se retirer de ces zones en avril dernier, les districts de Cheikh Maksoud et d’Achrafiyya restent sous le contrôle d’unités kurdes affiliées aux Forces démocratiques syriennes (FDS). Le ministère de la Défense syrien a déclaré que l’objectif de ce cessez-le-feu est de permettre à la population déplacée par les combats de « revenir et de retrouver une vie normale dans une atmosphère de sécurité et de stabilité ».
La Turquie, qui partage une frontière de 900 kilomètres avec la Syrie, a mené plusieurs offensives réussies pour repousser les forces kurdes de sa frontière, considérant ces dernières comme une menace à sa sécurité nationale. À ce jour, les forces kurdes n’ont pas officiellement réagi aux déclarations gouvernementales syriennes.