Home NouvellesLe gouverneur d’Antioquia a répondu au message de Gustavo Petro sur la Grande Colombie : « Je vous propose de changer de camp »

Le gouverneur d’Antioquia a répondu au message de Gustavo Petro sur la Grande Colombie : « Je vous propose de changer de camp »

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 novembre 2023 18h40. Le président colombien Gustavo Petro a relancé son projet de confédération entre les pays de l’ancienne Grande Colombie, suscitant une vive réaction du gouverneur d’Antioquia, Andrés Julián Rendón, qui l’invite à se concentrer sur la sécurité et la lutte contre la criminalité.

  • Gustavo Petro propose la création d’une confédération de nations souveraines inspirée de l’Union européenne, avec un parlement et une présidence collégiale.
  • Le gouverneur d’Antioquia critique la politique sécuritaire du gouvernement Petro et lui demande de prioriser la lutte contre la criminalité.
  • D’autres figures politiques, comme le député Hernán Cadavid, dénoncent des scandales et des actes de corruption au sein du gouvernement.

Le président colombien Gustavo Petro Urrego a réitéré sa proposition d’unir les pays qui composaient autrefois la Grande Colombie, évoquant la possibilité de former une confédération dotée d’institutions communes, sur le modèle de l’Union européenne. Cette initiative, qui vise à reconstruire un projet historique porté par Simón Bolívar, impliquerait la création d’un parlement partagé et d’une présidence collégiale.

Selon le président Petro, les nations héritières du territoire délimité en 1819 devraient envisager cette reconstruction à travers des mécanismes démocratiques et une coordination intergouvernementale.

« Je propose aux personnes qui vivent sur ce territoire délimité en 1819, de réaliser, à travers le pouvoir constituant et l’accord entre les gouvernements, la reconstruction de cette idée qui serait aujourd’hui une confédération de nations souveraines : l’idée de Bolivar d’une Grande Colombie, avec un parlement commun et une présidence collégiale comme le fait l’Union européenne »

Gustavo Petro Urrego, Président de la République

Cette proposition a immédiatement suscité une réaction du gouverneur d’Antioquia, Andrés Julián Rendón, qui a répondu sur son compte X par un message direct : « Je vous propose de changer de camp ». Rendón critique ouvertement la gestion sécuritaire du gouvernement actuel et estime que la priorité devrait être la protection des citoyens et la lutte contre la criminalité.

Le gouverneur a également exhorté le président Petro à assumer pleinement son rôle de commandant des forces armées et de la police, et lui a suggéré de se rendre au bataillon Tunja en signe de soutien aux soldats et à la population locale, suite à une récente attaque dans la ville.

« Je vous propose de changer de camp et de servir comme commandant en chef des Forces militaires et de la Police. Que vous défendiez les citoyens et arrêtiez de temporiser et contempler vos alliés de la paix totale : des bandits de différents bords qui ont grandi et sont devenus plus forts dans votre gouvernement. Je vous propose de visiter le bataillon Tunja, les soldats et leur peuple. »

Andrés Julián Rendón, Gouverneur d’Antioquia

Hernán Cadavid, représentant du Centre Démocratique, a également exprimé son désaccord avec la proposition présidentielle, dénonçant la présence de scandales, d’actes de corruption et de fonctionnaires confrontés à des problèmes judiciaires, tels que l’inscription sur la liste Clinton ou le refus de visa. Il a qualifié le discours de Petro d’« illusions chavistes ».

« Quel triste coucher de soleil. Délires chavistes, scandales, corruption, fonctionnaires en fuite, sans visa et sur la liste Clinton. »

Hernán Cadavid, Député

La proposition de Petro intervient après ses déclarations faites à Santa Marta, où il avait déjà évoqué la nécessité de reprendre le débat sur la Grande Colombie. Il avait alors critiqué les opérations militaires des États-Unis dans les Caraïbes, liées à la mort d’Alejandro Carranza, un citoyen colombien. Dans son discours, Petro a souligné que l’indépendance de l’Amérique latine était le fruit de luttes communes et non un don.

« Nous crions aussi à la liberté… c’est pourquoi l’Amérique n’est pas un continent de rois, de princesses ou de despotes. Chaque dictateur qui est apparu ici a eu sa rébellion. Tous les peuples se sont toujours battus pour leur liberté. »

Gustavo Petro Urrego, Président de la République

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