Publié le 8 novembre 2025 à 07h01. L’industrie automobile japonaise est à la croisée des chemins face à la montée en puissance des constructeurs de véhicules électriques comme Tesla et BYD. Un journaliste spécialisé analyse les défis et les opportunités qui s’offrent au Japon pour rester compétitif dans ce secteur en pleine mutation.
- Le passage à l’électrification représente une opportunité majeure pour l’industrie automobile japonaise.
- L’Europe, bien qu’ayant connu un essor rapide des ventes de véhicules électriques, ajuste actuellement sa stratégie pour consolider ses bases.
- L’émergence de véhicules électriques abordables, notamment en Europe de l’Est, ouvre de nouvelles perspectives pour des constructeurs comme Suzuki.
L’industrie automobile japonaise, traditionnellement dominée par des géants comme Toyota et Nissan, doit faire face à une concurrence accrue de la part de nouveaux acteurs, notamment Tesla et le chinois BYD. Pour comprendre les enjeux de cette transformation, le journaliste économique Takayuki Yasui a interrogé Kazuo Shimizu, un journaliste automobile fort de 50 ans d’expérience, incluant une carrière de pilote.
Kazuo Shimizu souligne que le ralentissement apparent des ventes de véhicules électriques en Europe ne signifie pas un désintérêt pour cette technologie. Il explique que, après une croissance rapide depuis 2020, le marché est en phase de consolidation : « D’après ce que je peux voir, cela ne semble pas être un ralentissement. Cependant, depuis 2020, les ventes de véhicules électriques sont allées trop loin. En conséquence, l’assise de l’entreprise était menacée, et ils ont donc dû réévaluer leur entreprise une fois de plus pour solidifier leur assise. » Il ajoute que l’offre se diversifie pour répondre aux besoins de tous les consommateurs, avec le développement de véhicules hybrides en parallèle des modèles 100% électriques.
L’exemple de Zermatt, en Suisse, illustre l’engagement européen en faveur de la mobilité électrique. Cette ville au pied du Cervin a interdit l’accès aux véhicules thermiques, autorisant uniquement les véhicules électriques et les calèches. Kazuo Shimizu a été frappé par la qualité de l’air et le calme ambiant : « Ce qui m’a surpris, c’est que la neige n’était pas sale. En effet, aucune PM (particules) n’est émise. C’est pourquoi non seulement l’air est pur, mais aussi la ville est calme et belle. » Il précise que des réglementations similaires sont en place dans d’autres villes européennes, comme Berlin.
Un autre facteur clé est l’émergence de véhicules électriques abordables, notamment en Europe de l’Est. Des modèles à environ 20 000 euros (soit environ 3 millions de yens) sont désormais disponibles, répondant à la demande pour des voitures compactes adaptées à la conduite en ville. Suzuki, selon M. Shimizu, suit attentivement cette tendance. Il cite l’exemple de Dacia, une filiale roumaine de Renault, qui a lancé un véhicule électrique compact et économique. Dacia Sandero II
Kazuo Shimizu nuance l’idée que l’Europe freine l’adoption des véhicules électriques, soulignant que les préférences des consommateurs varient. Il compare la situation à celle du Japon, où les petites voitures sont privilégiées : « Les gens qui pensent comme les Allemands sont probablement minoritaires. Je pense que les Européens donnent la priorité à la maniabilité, c’est pourquoi ils sont attirés par les performances d’accélération des véhicules électriques compacts. »
