La situation humanitaire à Gaza reste extrêmement préoccupante alors que les efforts pour retrouver les otages détenus par le Hamas se poursuivent, et que le point de passage de Rafah, vital pour l’acheminement de l’aide, demeure fermé. Des corps de Palestiniens ont été restitués, tandis que les familles des otages décédés continuent de réclamer le retour de leurs proches.
Samedi, Israël a rendu 15 corps de Palestiniens à Gaza, portant le nombre total de dépouilles restituées à 135. Le ministère de la Santé de Gaza a publié des photographies des corps, identifiés uniquement par des numéros, dans l’espoir que les familles puissent les identifier. Parallèlement, des équipes de secours continuent de fouiller les décombres de Gaza, où le bilan palestinien a dépassé les 68 000 morts, selon le même ministère. Des milliers de personnes sont encore portées disparues, selon la Croix-Rouge.
Sur la place des otages à Tel Aviv, des familles et amis d’otages décédés, dont les corps sont toujours retenus à Gaza, ont manifesté leur désespoir. « Tout comme ils ont fait leurs prisonniers, nous voulons nos captifs. Ramenez-moi mon fils, ramenez tous nos enfants », a déclaré en larmes Iman Sakani, dont le fils a disparu pendant le conflit. Une femme a été vue en pleurs, agenouillée près d’un corps qu’elle venait d’identifier à l’hôpital Nasser.
L’armée israélienne a identifié les restes d’un dixième otage rendu par le Hamas, Eliyahu Margalit, 76 ans, enlevé lors de l’attaque du 7 octobre 2023 au kibboutz Nir Oz. Ses restes ont été découverts après des opérations de déblaiement à Khan Younis.
Le président américain Donald Trump a averti qu’il autoriserait une reprise des opérations militaires israéliennes si le Hamas ne rendait pas les dépouilles de tous les otages décédés. Le Hamas affirme être attaché au cessez-le-feu, mais invoque la présence de munitions non explosées dans les ruines pour expliquer les difficultés de récupération.
L’organisation israélienne de soutien aux familles des otages a annoncé qu’elle continuerait d’organiser des rassemblements hebdomadaires à Tel Aviv jusqu’à ce que tous les otages soient rapatriés.
Les corps de Palestiniens tués par des tirs israéliens après avoir franchi la ligne de cessez-le-feu sont acheminés vers l’hôpital Al Ahli de Gaza, selon la Défense civile dirigée par le Hamas.
Ifat Calderon, tante de l’otage Ofer Calderon, a exprimé son souhait de voir la fin des épreuves : « Nous ne voulons pas reprendre le combat, Dieu nous en préserve, mais toute cette épreuve doit prendre fin et tous les otages doivent être rendus. »
L’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza reste limité. Tom Fletcher, chef humanitaire de l’ONU, a déclaré samedi que « de vastes parties de la ville ne sont qu’un terrain vague » après sa visite sur place, où la famine a été déclarée plus tôt cette année par des experts internationaux en sécurité alimentaire. Selon les données de l’ONU publiées vendredi, 339 camions ont été déchargés pour être distribués à Gaza depuis le début du cessez-le-feu, alors que l’accord prévoyait environ 600 camions par jour. Le COGAT, l’organisme israélien chargé de superviser l’aide à Gaza, a fait état de 950 camions – y compris des marchandises commerciales et des livraisons bilatérales – ayant traversé la frontière jeudi et 716 mercredi.
Israël affirme avoir laissé entrer suffisamment de nourriture et accuse le Hamas de détourner une grande partie de l’aide, ce que l’ONU et d’autres agences humanitaires nient.
Le Hamas accuse Israël de violations du cessez-le-feu, affirmant que 38 Palestiniens ont été tués depuis son entrée en vigueur. Israël n’a pas immédiatement réagi. Vendredi, la Défense civile de Gaza a déclaré que neuf personnes, dont des femmes et des enfants, avaient été tuées lorsque leur véhicule a été touché par des tirs israéliens dans la ville de Gaza. L’armée israélienne a déclaré avoir repéré un « véhicule suspect » s’approchant de ses troupes et avoir tiré des coups de semonce, avant d’ouvrir le feu en raison d’une « menace imminente ».
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