Publié le 28 novembre 2025 à 06h40. Un entraîneur sportif de Sydney a été reconnu coupable du meurtre de son ex-compagne, un acte qui met en lumière les signaux d’alarme souvent ignorés dans les relations abusives et l’omniprésence des violences domestiques.
- L’enquête a révélé un comportement de contrôle et de surveillance numérique obsessionnel de la part de l’agresseur.
- Des experts soulignent la banalisation inquiétante des comportements abusifs, notamment chez les jeunes.
- Le coroner a recommandé d’intégrer la violence facilitée par la technologie dans les outils de dépistage des violences conjugales.
Paul Thijssen, entraîneur sportif, a été reconnu coupable du meurtre de Lilie James, 21 ans, dans les toilettes d’une école de Sydney le 25 octobre 2023. L’enquête a révélé que, malgré une apparence normale en public, Thijssen manifestait un comportement de plus en plus inquiétant envers sa victime.
Les amis de Lilie James ont témoigné de la surveillance constante de Thijssen sur son emplacement, qu’ils attribuaient initialement à son affection. Cependant, ce comportement obsessionnel s’est avéré être un signe avant-coureur de violence. Un autre signal d’alarme a été identifié lorsque Thijssen a montré une image intime de James à ses amis sans son consentement, un acte considéré par les experts comme une tentative de domination.
Selon la coroner Theresa O’Sullivan, Lilie James a été tuée dans le cadre d’une violence domestique. Thijssen a agressé la jeune femme à coups de marteau, lui infligeant au moins 25 coups à la tête et au cou, après avoir mené des « répétitions » filmées par les caméras de surveillance de l’école.
L’experte en violence domestique Kate Fitz-Gibbon a salué les conclusions de l’enquête.
« Au milieu d’une crise nationale de violence masculine contre les femmes et les enfants, ces recommandations doivent être mises en œuvre de toute urgence et soutenues par un financement approprié. »
Kate Fitz-Gibbon, experte en violence domestique
Le coroner a recommandé d’intégrer le contrôle coercitif – incluant les abus facilités par la technologie et le harcèlement – dans les outils de dépistage de la violence domestique, afin de mieux évaluer le risque d’homicide entre partenaires intimes. Cette recommandation devrait être appliquée dans tous les États et territoires australiens.
Les données du Domestic and Family Violence Death Review Network révèlent que le harcèlement, y compris en ligne, était présent dans 41,5 % des homicides entre partenaires intimes en Australie. Une étude du Social Research Centre a également révélé qu’une personne sur dix estime qu’il est normal de surveiller son partenaire. Ces chiffres mettent en évidence la banalisation des comportements abusifs, en particulier chez les jeunes générations.
Chanel Contos, directrice générale de l’organisation éducative Teach Us Consent, souligne la nécessité de prendre les abus en ligne aussi au sérieux que les abus physiques.
« Les jeunes méritent l’éducation culturellement pertinente sur les abus facilités par la technologie dont ils ont besoin pour nouer des relations saines. »
Chanel Contos, directrice générale de Teach Us Consent
Le coroner O’Sullivan a également plaidé pour le développement de services de conseil en matière de relations respectueuses, en particulier pour les jeunes hommes âgés de 19 à 24 ans.
