Publié le 6 décembre 2025. Une étude américaine révèle que la manière dont les Hongkongais utilisent leurs quatre heures quotidiennes de temps libre pourrait être un facteur déterminant dans l’accumulation de richesse, en opposition aux habitudes de loisirs passifs.
- Les personnes fortunées consacrent leur temps libre à l’exercice physique, à l’apprentissage et au développement de relations sociales.
- À l’inverse, les personnes aux revenus plus faibles ont tendance à se détendre devant la télévision ou sur leur téléphone portable.
- L’auteur de l’étude nuance ses conclusions, reconnaissant l’influence des conditions de vie et le risque de biais statistiques.
Thomas Corley, auteur financier américain, a mené pendant cinq ans une enquête approfondie auprès de 233 millionnaires autodidactes (patrimoine net supérieur à 3,2 millions de dollars américains) et de 128 personnes à faible revenu (revenu annuel inférieur à 35 000 dollars américains ou patrimoine net inférieur à 10 000 dollars américains) aux États-Unis. Son objectif : identifier les différences clés entre ces deux groupes en matière de gestion du temps libre. Les résultats, publiés en 2017 dans son ouvrage Habitudes riches, habitudes pauvres, suggèrent que l’utilisation des 240 minutes (4 heures) quotidiennes de temps libre est un facteur crucial de différenciation.
Selon Corley, l’écart de richesse ne réside pas nécessairement dans les origines ou le niveau d’éducation, ni même dans l’intensité du travail. Il souligne que les deux groupes travaillent généralement avec diligence, mais que la manière dont ils investissent leur temps libre diffère considérablement. Il a identifié quatre aspects principaux qui distinguent les « riches » des « pauvres ».
En premier lieu, l’attention portée à la santé et à l’exercice physique. Corley a constaté que 76 % des personnes fortunées pratiquent au moins 30 minutes d’activité aérobique par jour (course, natation, vélo, etc.), contre seulement 23 % des personnes à faible revenu. De plus, les personnes aisées ont tendance à avoir des horaires de sommeil plus réguliers et à mieux gérer leur bien-être général. Corley estime que cet investissement dans le corps permet de maintenir un niveau d’énergie élevé, propice à la réussite professionnelle.
Deuxièmement, l’apprentissage continu et l’auto-amélioration. 88 % des personnes fortunées consacrent quotidiennement au moins 30 minutes à la lecture de livres non romanesques, tels que des biographies, des ouvrages sur l’histoire, les affaires, les sciences ou le développement personnel. À l’inverse, seulement 2 % des personnes à faible revenu lisent régulièrement des livres de ce type, 76 % ne lisant rien du tout, ou se limitant à des magazines people ou des romans légers.
Troisièmement, l’importance accordée aux relations sociales. Les personnes fortunées sont plus enclines à entretenir leurs liens amicaux et professionnels, en envoyant des cartes de vœux, des messages de remerciement ou en participant à des événements sociaux (79 % au moins une fois par mois). Les personnes à faible revenu, quant à elles, ont tendance à privilégier les divertissements passifs, comme regarder la télévision pendant près de deux heures par jour en moyenne.
Enfin, Corley met en avant la nécessité de se concentrer sur les tâches les plus importantes. Il recommande d’appliquer le « principe de la grenouille » : s’attaquer en priorité, dès le matin, à la tâche la plus difficile ou la plus cruciale de la journée, afin d’éviter d’être submergé par les imprévus. À l’inverse, 81 % des personnes à faible revenu consultent immédiatement les réseaux sociaux ou les actualités sur leur téléphone portable au réveil, ce qui les distrait et les maintient dans un état de réactivité constante.
Sur la base de ces observations, Corley propose un « emploi du temps idéal pour les riches » : se lever à 5 heures du matin et faire 30 minutes d’exercice aérobique, s’attaquer aux tâches les plus importantes avant d’aller travailler, participer à des activités sociales après le travail, lire pendant 30 minutes après le dîner et se coucher avant 22 heures. Il insiste également sur l’importance de ne jamais rester au lit, d’éviter de consulter son téléphone portable dès le réveil (idéalement, dans les 90 premières minutes) et de ne jamais invoquer le manque de temps pour justifier le fait de ne pas faire quelque chose d’important.
Son livre, Habitudes riches, habitudes pauvres, a rencontré un vif succès critique et commercial, figurant sur de nombreuses listes de best-sellers et obtenant une note de 4,5 étoiles sur Amazon.com. Corley est ainsi devenu une figure reconnue dans le domaine de la finance personnelle.
Cependant, les conclusions de Corley ne font pas l’unanimité. Certains critiques soulignent qu’il existe un risque d’« effet inverse pour cause », c’est-à-dire que les personnes fortunées bénéficient déjà de conditions de vie plus favorables (emplois moins pénibles, transports plus confortables, horaires de travail plus flexibles, etc.) qui leur permettent de consacrer plus de temps et d’énergie à des activités considérées comme « bénéfiques ». Les personnes à faible revenu, en revanche, peuvent être contraintes d’occuper des emplois manuels, de parcourir de longues distances pour se rendre au travail ou de travailler de nuit, ce qui les épuise et les empêche de se consacrer à des activités d’amélioration personnelle.
De plus, l’étude de Corley pourrait souffrir d’un biais de survie, son échantillon ne comprenant que des personnes ayant réussi et des personnes en difficulté financière, sans tenir compte de la classe moyenne. Il est possible que de nombreuses personnes ordinaires adoptent déjà des « habitudes riches » (se lever tôt, faire de l’exercice, lire, etc.) sans pour autant s’enrichir. En définitive, il n’existe peut-être pas de relation causale simple et linéaire entre les « habitudes » et la « réussite ». L’accumulation de richesse dépend probablement d’une multitude de facteurs, tels que l’origine sociale, la chance et la capacité à saisir les opportunités. Néanmoins, adopter de bonnes habitudes reste toujours bénéfique, même si cela ne garantit pas la richesse, cela contribue au moins à améliorer la qualité de vie.
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