Publié le 24 février 2024. La ministre de la Santé, Jennifer Carroll MacNeill, a demandé au Service de santé exécutif (HSE) de repenser son fonctionnement et de privilégier les soins de proximité, tout en réalisant des économies substantielles et en optimisant l’utilisation des ressources existantes.
- La ministre insiste sur la nécessité de ne plus systématiquement solliciter de financements supplémentaires pour lancer de nouvelles initiatives.
- Elle souhaite un recentrage des soins vers la communauté, avec une allocation budgétaire favorisant les services de proximité.
- Le HSE doit réaliser des économies cumulées de 633 millions d’euros d’ici 2025, et générer des économies supplémentaires de 181 millions d’euros cette année.
Jennifer Carroll MacNeill a exposé ses orientations politiques annuelles pour les services de santé, soulignant que le HSE doit démontrer une meilleure efficacité avec les moyens dont il dispose. Elle a appelé à une utilisation plus intelligente du personnel, des infrastructures et des financements, en mettant l’accent sur la rationalisation des processus et l’adoption de l’innovation.
La ministre a insisté sur la nécessité de « déplacer les soins des hôpitaux vers la communauté », en permettant une plus grande flexibilité dans l’allocation des fonds. Elle souhaite que les services communautaires bénéficient d’un personnel proportionnellement plus important que les hôpitaux de soins aigus.
Un des points clés soulevés concerne les disparités dans l’accès aux soins entre les différentes régions du pays. La ministre a constaté des variations significatives dans les délais d’attente et la disponibilité des services. Elle a donné des exemples précis : « Dans certaines régions, les patients sont vus rapidement ; dans d’autres, l’accès est plus lent. Pendant ce temps, des services tels que les thérapies communautaires sont confrontés à de graves retards, même dans les régions sanitaires qui fonctionnent bien dans d’autres domaines. »
Elle a notamment pointé du doigt les incohérences régionales, citant le cas de la région Sud-Ouest qui atteint ses objectifs en matière d’accès aux cliniques de cancérologie pulmonaire, mais affiche des performances mitigées pour le cancer du sein et de la prostate, tout en ayant l’une des listes d’attente les plus longues pour les thérapies de soins primaires. La région Ouest/Nord-Ouest, bien que performante en santé mentale et en diagnostics, connaît des délais d’attente prolongés pour la chirurgie et la neurologie, dépassant souvent les 12 mois. Certains hôpitaux de Dublin, bien que performants dans certains domaines, sont confrontés à d’importants arriérés de patients ambulatoires, avec des dizaines de milliers de personnes attendant leur premier rendez-vous.
La ministre a souligné que ces contrastes démontrent qu’il est possible d’atteindre l’excellence, mais que celle-ci n’est pas encore généralisée. Dans sa lettre de détermination annuelle, qui sert de base au plan de service annuel du HSE publié lundi, elle a déclaré : « Ces contrastes montrent que l’excellence est possible – mais pas encore cohérente. »
Outre les économies de 633 millions d’euros prévues dans le budget 2025, le HSE devra générer des économies supplémentaires de 181 millions d’euros au cours de l’année à venir. La ministre a également demandé un plan pour réduire les dépenses liées au personnel fourni par les agences d’intérim, en les limitant à moins de 720 millions d’euros l’année prochaine.
Enfin, Jennifer Carroll MacNeill s’est dite préoccupée par le nombre de patients contraints d’attendre sur des brancards faute de lits disponibles, et a appelé à des réformes du système d’objectifs fixés aux hôpitaux. Elle a rappelé que les investissements dans le développement ne représentent qu’environ 0,5 % du budget total de la santé et que l’amélioration des services ne doit pas uniquement dépendre de nouveaux financements, mais aussi d’une meilleure organisation et d’une utilisation plus efficace des ressources existantes.